Les syndicats s'inquiètent de l'identité des acquéreurs du Printemps

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Les syndicats du Printemps se sont inquiétés vendredi de l'identité des acquéreurs du Printemps, affirmant ne pas avoir "obtenu de réponse" de la direction sur le nom "des investisseurs qataris" dont les identités "restent toujours un mystère" et sur le processus de vente envisagé qui pourrait s'avérer "obscur".
Les syndicats du Printemps se sont inquiétés vendredi de l'identité des acquéreurs du Printemps, affirmant ne pas avoir "obtenu de réponse" de la direction sur le nom "des investisseurs qataris" dont les identités "restent toujours un mystère" et sur le processus de vente envisagé qui pourrait s'avérer "obscur". — Thomas Samson AFP

Les syndicats du Printemps se sont inquiétés vendredi de l'identité des acquéreurs du Printemps, affirmant ne pas avoir «obtenu de réponse» de la direction sur le nom «des investisseurs qataris» dont les identités «restent toujours un mystère» et sur le processus de vente envisagé qui pourrait s'avérer «obscur».

Réunis en comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire et en présence de Paolo de Cesare, PDG du Printemps, les élus du personnel ont soulevé plusieurs points, ont-ils expliqué à l'AFP.

Officiellement, c'est une société luxembourgeoise, Disa (Divine Investments SA) regroupant des investisseurs qataris qui se porterait acquéreur de l'ensemble des grands magasins du Printemps après avoir racheté les participations non seulement de la Deutsche Bank mais aussi du groupe italien Borletti.

Mais, «si l'identité de la société qui réalise l'investissement est révélée, il n'en reste pas moins que la question de l'anonymat du repreneur reste posée», estiment les syndicats qui ont demandé à la direction la liste nominative des investisseurs, sans succès.

«Un représentant de Disa est venu nous dire qu'il n'y avait qu'un seul investisseur, +le Qatar+, sans nous donner plus de précisions», a affirmé à l'AFP Philippe Bellanger de la CFDT.

Une analyse d'un cabinet d'expertise mandaté par les élus du personnel s'est également étonné du fait que Disa, structure, très récente, créée le 14 février dernier, envisage une acquisition de près de 2 milliards d'euros alors que son capital n'est que de 31.000 euros.

Par ailleurs, Disa est détenu à 100% par la société SGG SA. Cette société anonyme de droit luxembourgeois est elle-même détenue à 100% par Kanelium Invest SA, selon le rapport des experts.

«Par qui et pour qui ces sociétés sont-elles mandatées ?» ont demandé les syndicats. Question également restée sans réponse, selon eux.

Et puis, «tout le monde est en train de comprendre que la sortie de Borletti va coûter très cher au Printemps. On parle de 5 à 600 millions d'euros de commission», a confié à l'AFP Bernard Demarcq secrétaire général de l'Ugict-CGT.

Il était prévu au départ que le groupe Borletti s'associe aux Qataris pour financer le rachat des 70% de parts que la Deutsche Bank (Rreef) détient dans le Printemps, tout en restant propriétaire du groupe. Finalement, Borletti resterait en tant que conseiller et revendrait ses parts à Disa.

Si les processus de vente envisagés étaient «obscurs ou peu louables au seul profit d'intérêts financiers», les syndicats mettront tout en oeuvre «tant d'un point de vue civil que pénal pour protéger l'intérêt des salariés», avertissent-ils dans un communiqué commun.

D'autres dates de CCE ont été fixées, le 19 avril puis le 25, où la direction demandera l'avis des élus du personnel sur le projet de cession.

Le Printemps, qui compte près de 3.400 salariés et 16 magasins en France, dont son vaisseau amiral Printemps-Haussmann à Paris, avait été cédé en octobre 2006 par PPR sur la base d'un prix des actifs de 1,075 milliard d'euros.