Gazprom assure la Pologne de l'intérêt d'un nouveau gazoduc sur son sol

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Le géant gazier russe Gazprom a assuré vendredi le gouvernement polonais des intérêts économiques de construire un nouveau gazoduc entre la Russie et l'UE via le territoire polonais, une décision de Vladimir Poutine qui a reçu un accueil glacial à Varsovie.
Le géant gazier russe Gazprom a assuré vendredi le gouvernement polonais des intérêts économiques de construire un nouveau gazoduc entre la Russie et l'UE via le territoire polonais, une décision de Vladimir Poutine qui a reçu un accueil glacial à Varsovie. — Alexei Nikolsky RIA-NOVOSTI

Le géant gazier russe Gazprom a assuré ce vendredi le gouvernement polonais des intérêts économiques de construire un nouveau gazoduc entre la Russie et l'UE via le territoire polonais. Cette décision de Vladimir Poutine a reçu un accueil glacial à Varsovie: les autorités polonaises craignent que ce nouveau tuyau ne serve de moyen de pression sur l'Ukraine, le principal pays de transit du gaz russe actuellement, dans le conflit gazier qui oppose Kiev et Moscou.

Le président du groupe public Alexeï Miller a rencontré ce vendredi à Saint-Pétersbourg le ministre polonais de l'Economie Janusz Piechocinski pour lui présenter le projet «Iamal-Europe 2», qui devrait traverser la Pologne via le Belarus pour rejoindre ensuite la Slovaquie et la Hongrie, selon un communiqué. «Il a attiré son attention sur le fait que le projet apporte à la Pologne des bénéfices économiques avec le paiement de frais de transit à travers le pays, ainsi qu'un renforcement de la sécurité énergétique des consommateurs d'Europe centrale».

Ce nouveau projet, demandé mercredi par Vladimir Poutine, doit renforcer le gazoduc Iamal-Europe qui permet à Moscou d'envoyer son gaz vers l'Allemagne via le Belarus et la Pologne. Sa capacité est de 32,9 milliards de mètres cubes par an. Gazprom a indiqué mercredi que la construction d'une nouvelle branche, orientée vers la Slovaquie et la Hongrie, pourrait commencer en 2018-2019 pour une capacité prévue autour de 15 milliards de m3 par an.

Deux jours seulement après la consigne présidentielle, Alexeï Miller a signé ce vendredi un protocole d'entente avec Europol Gaz, l'opérateur de Iamal Europe détenu par Gazprom et le polonais PGNiG, en vue de mettre au point les caractéristiques techniques d'un nouveau tuyau. Mais le projet a reçu un accueil peu enthousiaste en Pologne, le gouvernement s'interrogeant sur les motivations de Moscou. «Gazprom risque de se lancer dans un nouveau projet coûteux sans raisons claires, vu que ses capacités d'exportations sont largement suffisantes», ont estimé les analystes de VTB Capital, chiffrant la facture de Iamal-Europe 2 dans une fourchette entre 5 et 10 milliards de dollars.