Les intérêts d'une fusion

COLLECTIVITES Les partisans du Conseil d'Alsace vantent des économies...

De notre correspondant à Strasbourg, Thomas Calinon

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Le siège du conseil régional d'Alsace, au Wacken, à Strasbourg (Archives).
Le siège du conseil régional d'Alsace, au Wacken, à Strasbourg (Archives). — G. Varela/20 Minutes

«Vingt millions d'euros par an sur cinq ans.» En termes d'économies de fonctionnement, voilà l'horizon tracé par le président du conseil régional d'Alsace, Philippe Richert (UMP), grand artisan du projet de fusion des trois assemblées alsaciennes (la région et les conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin) en une collectivité territoriale unique. Un référendum sur le sujet est organisé dimanche. Le Front national, le Front de gauche, une partie des socialistes et la plupart des syndicats de salariés s'opposent au projet.

Mutualisation des fonctions

Le conseiller régional Jacques Fernique (EELV), favorable à la fusion, est moins affirmatif que Philippe Richert. «On ne sait pas quelles seront les orientations budgétaires de ceux qui seront aux manettes en 2015», à l'issue des prochaines régionales, souligne-t-il. François Loos (UDI), vice-président de la région, adopte une position médiane : «Les décisions permettant de faire des économies peuvent être prises soit après 2015, soit maintenant, dans la structure actuelle.» Exemple : l'Alsace compte trois agences de développement économique et autant d'agences touristiques. Leur fusion est programmée, quel que soit le résultat du référendum. «Ça, plus la réduction des dépenses de communication, puisqu'il n'y aura plus qu'une seule collectivité, ça représente déjà 30 à 35 millions d'euros en moins sur cinq ans», calcule Philippe Richert.

Autre source d'économies, la mutualisation de certaines fonctions. «Dans chacune des collectivités, il y a une direction de l'économie, une direction de l'environnement, une direction de la culture, énumère François Loos. Demain, les directions uniques ne seront pas dirigées par trois personnes.» «Ensuite, poursuit Philippe Richert, il y a 200 départs à la retraite par an» parmi les 8 000 agents des trois collectivités. Ce qui augure d'une réduction progressive des effectifs même si, rassure-t-il, «il y aura des remplacements là où il y en aura besoin et des moyens qui pourront être réorientés, pour la prise en charge de la dépendance par exemple».

■ Des économies en temps et en déplacements

Jacques Fernique ne promet pas « d'économies substantielles dans la masse salariale ». Mais Philippe Richert et lui s'accordent à penser qu'une fusion serait source d'économies en temps et en déplacements. « Toutes ces réunions de concertation que nous sommes obligés d'organiser, elles n'auront plus de raison d'être », dit Philippe Richert.