Militaires, quelle carrière après la guerre?

EMPLOI Le ministère de la Défense propose un service d'accompagnement spécifique pour aider les militaires et leur famille à prendre un nouveau départ dans la vie civile...

Claire Planchard

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Illustration de l'exercice interarmees Mojito à Toulouse,le 12 juin 2012.
Illustration de l'exercice interarmees Mojito à Toulouse,le 12 juin 2012. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Militaire, un métier comme les autres? Pas tout à fait. Depuis leur professionnalisation, les armées font partie des rares employeurs à promettre une aide à la reconversion comme argument majeur de recrutement. «Pour répondre à un objectif de performance opérationnelle, le personnel militaire est jeune et poursuit des carrières courtes au sein des armées.Le retour à l’emploi civil est donc un élément indissociable du parcours professionnel des militaires et cette politique participe pleinement à l’attractivité des armées » explique le lieutenant Eric Dardillac

Dès 2009, la direction des ressources humaines du ministère de la Défense a donc décidé de fusionner ses différents services de reconversion au sein d’une structure unique d’accompagnement baptisée Défense Mobilité. Environ 800 agents participent ainsi chaque année au retour à la vie civile de plus de 17.000 militaires.

Parmi eux, 20% seulement optent pour la fonction publique qui leur propose pourtant des facilités de reclassement. «Pour des personnes qui ont servi leur pays pendant des années, la fonction publique est en adéquation avec leur fibre du service public, mais elle permet aussi de leur garantir un emploi durable ou de rejoindre enfin leur région d’origine après des années de mutations géographiques qui ont pu peser sur leur vie familiale», détaille Adeline Thiebaux, chargée des relations secteur public.

Des «savoir-faire» plus ou moins transposables

Une large majorité choisit toutefois de rejoindre le privé. La valorisation des «savoir-être» militaires est alors essentielle: «Ce que les entreprises apprécient avant tout chez les anciens militaires, ce sont leur ponctualité, leur discipline ou leur capacité à diriger des équipes», confirme Gilles Poullelaouen, chargé des relations entreprises à Rennes (Ille-et-Vilaine). Mais le point crucial reste avant tout de travailler les «savoir-faire» qui eux ne sont pas toujours facilement transposables dans la vie civile: «Un officier marinier qui a servi à bord d’un sous-marin nucléaire pourra par exemple se reconvertir comme technicien supérieur atomicien, mais un fantassin qui a piloté un engin de transport de troupe devra suivre des formations ou obtenir des équivalences, notamment à travers la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience», souligne le lieutenant Eric Dardillac.

Pour ce faire, le ministère de la Défense dispose de son propre centre de formation, proposant 520 solutions différentes dans 7 secteurs professionnels, de carreleur à agent d’accueil touristique en passant par assistant de vie aux familles. En 2011, 4.000 militaires ont ainsi été formés. Au final, le secteur du transport/logistique représente 30% de ces reconversions, loin devant l’installation maintenance (15%) et les services aux personnes et collectivités (dont la sécurité) (13%). Avec un taux de réussite affiché de 75% de reclassement pérenne au bout de six mois.

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