L'emploi public séduit de plus en plus

REPORTAGE La 10e édition du Salon de l'emploi public se tient jeudi et vendredi Porte de Versailles, à Paris...

Claire Planchard

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Au Salon de l'emploi public à Paris le 4 avril 2013.
Au Salon de l'emploi public à Paris le 4 avril 2013. — Claire Planchard/20 Minutes

«Il est 11h30 et on a déjà reçu 140 CV pour 16 postes à pourvoir: tous les records sont battus», confiait ce jeudi matin Cristel Baurin responsable de la gestion des ressources humaines de la mairie d’Athis-Mons (Essonne).  

Pendant deux jours, 300 recruteurs issus des fonctions publiques d’Etat, territoriale et hospitalière vont ainsi collecter les dossiers de candidature des visiteurs pour pourvoir au total  «4.000 postes» selon les organisateurs.

80.000 recrutements en 2013

Puéricultrice, conducteur, plombier, bibliothécaire, archéologue, policier, inspecteur du travail, éducateur ou encore médecin: les besoins du secteur sont réels et variés, avec 80.000 recrutements prévus en 2013 dans 500 métiers différents.

Et dès les premières heures d’ouverture du salon jeudi matin, les candidats à l’embauche se bousculaient devant les stands, créant des files de plusieurs mètres pour rencontrer les recruteurs les plus convoités comme la Ville de Paris, le Stif (gestionnaire du réseau de transport francilien) ou encore les ministères de la Défense et de la Jeunesse et des Sports.

L’emploi avant le service public

Jeunes ou expérimentés, demandeurs d’emploi ou salariés du privé: en ces temps de crise, la fonction publique, symbole de sécurité, séduit sans surprise tous les profils. Mais les spécificités de son recrutement restent très largement méconnues.

«Ce que les visiteurs retiennent avant tout, c’est l’aspect forum de l’emploi, mais la plupart ont très peu de connaissances de ce qu’est la fonction publique», constate Pierre Canonne, de la direction des ressources humaines du Conseil général du Pas-de-Calais. «Pour l’instant, un seul candidat a déjà eu une petite expérience dans une collectivité territoriale et la plupart viennent du privé et veulent tenter une reconversion sans forcément avoir passé les concours de la fonction publique», confirme la responsable de la ville d’Athis-Mons.

Après un an et demi d’expérience dans un cabinet juridique privé, Vickie, 24 ans, est ainsi venue tenter sa chance auprès du conseil régional d’Ile-de-France. «Cela correspondrait mieux à ma formation en droit public et à mon intérêt pour le service public. Je gagnerai peut-être un peu moins bien ma vie, mais je travaillerai aussi un peu moins», explique-t-elle.

«Le concours reste la voie privilégiée de recrutement, comme la loi nous l'impose pour un poste permanent mais aussi parce qu'elle est la plus démocratique. Mais il est clair que la sécurité de l'emploi n'est plus aujourd'hui la première motivation des plus jeunes qui viennent postuler dans la fonction publique : ils cherchent avant tout une activité en rapport avec leurs compétences et un salaire, qui surtout en début de carrière, n'a pas à rougir vis-à-vis du secteur privé», confirme Jean-François Verdier, directeur général de la Fonction publique.

Loin du statut protégé de fonctionnaire à vie, c’est donc souvent en tant que contractuels (CCD ou CDI) que les candidats espèrent faire leur premier pas dans la fonction publique, notamment territoriale… avant de tenter ensuite leur chance aux concours administratifs.

Un signe ne trompait pas jeudi matin: la conférence organisée sur le thème «Intégrer la fonction publique: comment préparer les concours?» n’offrait pas assez de places assises pour tous les visiteurs. En ces temps de restrictions budgétaires, les places de titulaires sont chères aussi dans l’emploi public.