«Offshore leaks»: Les paradis fiscaux passés au crible dans une enquête

SCANDALE Quatre-vingt six journalistes du monde entier se sont procuré des millions de fichiers relatifs à des transactions financières dites «offshore»…

B. de V.

— 

Les îles Caïmans aux Antilles.
Les îles Caïmans aux Antilles. — CAVALLI/SIPA

L’affaire Cahuzac passerait presque pour une infraction mineure. Quatre-vingt six journalistes du monde entier issus de 38 médias différents (le Guardian, la BBC, le Washington Post, Le Soir ou encore Le Monde) se sont procuré plus de 2,5 millions de documents (contrats, photocopies de passeport, feuilles de calcul, livres de comptes) relatifs à des transactions «offshore», c’est-à-dire avec pour but de réaliser une optimisation fiscale, concernant près de 130.000 sociétés et particuliers dans 140 pays.

260 giga de données dont 130 Français

Les fortunes de Russie, d’Azerbaïdjan, des Philippines, du Kazakhstan, de Chypre, de la Thaïlande, du Zimbabwe, de la dictature birmane, d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest sont visées. Le Guardian en dresse une liste plus détaillée: «Des dentistes américains, des proches de despotes, des villageois de la classe moyenne grecque, des escrocs de Wall Street, des milliardaires indonésiens et d'Europe de l'Est, des dirigeants russes, des marchands d'armes et une société présentée comme la tête de pont du programme nucléaire iranien.»

Et la France n’est pas épargnée. Le Monde confirme qu’il y aurait 130 Français impliqués dans le scandale. Parmi eux, figure l'homme d'affaires français, Jean-Jacques Augier, l'un des trésoriers de la campagne de François Hollande.

L’enquête pèserait 162 fois plus lourd en termes de fichiers (un disque dur de 260 giga-octets de fichiers) que le Wikileaks de 2010. Le résultat de 15 mois de travail sous la direction de l'International Consortium of Investigate Journalists (ICIJ) à Washington. Autant dire que les révélations ne font que commencer.