Les marchés financiers pèsent sur les cours élevés du pétrole, selon la France

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Les fondamentaux du marché du pétrole ne suffisent pas à expliquer les prix élevés du brut, a déclaré jeudi un représentant du ministère français de l'Energie, pointant du doigt l'influence persistante des marchés financiers sur les cours de l'or noir.
Les fondamentaux du marché du pétrole ne suffisent pas à expliquer les prix élevés du brut, a déclaré jeudi un représentant du ministère français de l'Energie, pointant du doigt l'influence persistante des marchés financiers sur les cours de l'or noir. — Karim Sahib AFP

Les fondamentaux du marché du pétrole ne suffisent pas à expliquer les prix élevés du brut, a déclaré jeudi un représentant du ministère français de l'Energie, pointant du doigt l'influence persistante des marchés financiers sur les cours de l'or noir.

«Malgré plusieurs crises importantes, le marché (pétrolier) connaît un bon niveau d'approvisionnement, et pourtant les prix du pétrole restent à des niveaux particulièrement élevés, largement supérieurs aux coûts marginaux de production, autour de 110 dollars (le baril de Brent, ndlr) avec des pointes à 120 dollars», souligné Pierre-Marie Abadie, directeur de l'énergie au ministère de l'Ecologie et de l'énergie, lors du Sommet international du pétrole à Paris.

De tels niveaux de prix «peuvent poser un vrai problème à la croissance mondiale». Or «pourquoi ces prix élevés ? Les fondamentaux sont loin d'expliquer à eux seuls les niveaux actuels des prix», a-t-il poursuivi, soulignant que l'or noir s'était maintenu à ces niveaux durant tout 2012 sans que l'on observe de déficit au niveau de l'offre.

Le directeur de l'énergie a pointé du doigt le rôle des marchés financiers dans ces prix élevés.

«Bien évidemment il reste une prime de risque géopolitique», et «la multiplication des incidents techniques et politiques a pu durablement fausser la perception par les marchés d'un risque pesant sur l'offre, mais pourtant celui-ci n'est pas vraiment avéré», a-t-il jugé.

«Dans ce contexte, il faut à nouveau se poser la question du poids des marchés financiers sur les cours. C'est une question complexe, mais il ne faut pas l'esquiver», a-t-il souligné, ajoutant qu'il ne s'agissait pas «de stigmatiser tel ou tel investisseur, mais bien de s'interroger sur le rôle des anticipations haussières des marchés».

A ce sujet, il a rappelé que la France soutenait toutes les initiatives multilatérales visant à renforcer le dialogue entre les pays producteurs et consommateurs de pétrole et à améliorer la transparence des données pétrolières.

Et parallèlement, il a insisté sur la nécessité pour les pays consommateurs comme la France de réduire leur demande pétrolière et diversifier leurs sources d'approvisionnement, meilleur moyen selon lui de «détendre l'équation et de desserrer la contrainte» pétrolière sur le long terme.