Les freins à la réforme de l'assurance-vie

EPARGNE Un rapport parlementaire préconise un nouveau type de contrat pour aider les PME...

Mathieu Bruckmüller
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Quatre ménages français sur dix ont une assurance-vie.
Quatre ménages français sur dix ont une assurance-vie. — F. DURAND / SIPA

Utiliser la manne des assurances-vie pour aider les entreprises, c'est l'idée du rapport des députés PS Karine Berger et Dominique Lefebvre sur l'épargne longue, dévoilé ce mardi. Objectif : faire investir au moins 100 milliards d'euros dans les entreprises d'ici à 2017, grâce à un nouveau type de contrat. Les petites et moyennes entreprises (PME), dont la croissance est entravée par la raréfaction du crédit, en seraient les principales bénéficiaires. «Avec 20 milliards d'euros alloués chaque année au financement des PME, c'est un million d'emplois créés par an», s'enthousiasme Karine Berger. Mais les obstacles sont nombreux pour réorienter ce placement choisi par 42 % des ménages français, et représentant plus de 1.400 milliards d'euros.

Des placements qui misent plutôt sur les dettes. Les sommes issues de l'assurance-vie sont à 85 % injectées dans des fonds en euros, qui misent en bonne partie sur la dette des entreprises et surtout celle des Etats, dont la France pour 209 milliards d'euros. Comment inverser la tendance? «Il y a des Français qui ont les moyens. On pourrait leur proposer une incitation pour financer les entreprises», a souligné Karine Berger, lundi sur iTélé. D'après Le Journal du Dimanche, elle préconiserait la création d'un contrat d'assurance-vie «hybride», combinant la sécurité du capital des contrats classiques en euros et la possibilité d'investissements plus risqués.

Une période peu encourageante. Les épargnants ne veulent pas prendre de risques en ce moment, notamment après la crise chypriote. «Il faut cependant trancher», assène Jean-Paul Betbèze, président de Betbèze Conseil: utiliser l'épargne pour financer soit les déficits, soit la croissance de demain en misant sur les entreprises.

Des patrons à convaincre. Les dirigeants de PME ne souhaitent pas forcément ouvrir leur capital aux investisseurs. Le risque pourtant, d'après l'économiste Philippe Crevel, serait de voir une partie des sommes réorientées non pas vers des PME françaises, mais allemandes par exemple.