Déficit public: «L'objectif des 3% est oublié»

Bertrand de Volontat

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Les marchés s'inquiètent à nouveau d'une contagion de la dette à toute la zone euro.
Les marchés s'inquiètent à nouveau d'une contagion de la dette à toute la zone euro. — Y. KARAHALIS / REUTERS

Dérapage. Le mot de la presse est dur ce vendredi pour parler de l'obejctif non atteint de déficit public. Pour cause, la dette atteint 90,2% du PIB et le déficit public, l'an dernier, a été de 4,8% du PIB au lieu des 4,5% prévu par le gouvernement. Cet écart de 0,3% avec la prévision de 4,5% est lié à une révision à la hausse du déficit public 2011 (5,3% au lieu de 5,2%), à Dexia et au budget rectificatif européen ainsi qu'à «la dégradation de l'environnement économique en Europe et en France», écrivent-ils les ministères. Christophe Blot, économiste à l’OFCE, analyse pour 20 Minutes les chiffres de ce vendredi.

Comment expliquer un tel dérapage?

Le terme dérapage est excessif. Mais ces résultats sont un peu une surprise, on ne pouvait pas les prévoir. Il y a eu moins de croissance que prévu, même après révision [la croissance en France sur l'ensemble de l'année 2012 a été nulle, contre 0,3% prévu à l'automne, ce qui a pesé sur les recettes, tout particulièrement la TVA et les cotisations sociales], mais le déficit public était plutôt attendu aux alentours de 4,6%. Les dépenses ont également augmenté plus vite. Toutefois, on ne sait pas encore précisément ce qui a causé ce décalage, même si la conjoncture est la grande responsable.

Quelles conséquences auront-ils sur le pays?

Tout dépend comment le gouvernement va réagir. Pour 2013, cela ne va pas changer grand-chose. L’objectif des 3% de déficit public pour fin 2013 est oublié. Le gouvernement vise dorénavant entre 3,4 et 3,5%, mais cela aussi semble difficile, étant donné que le budget a déjà été voté, à moins que le gouvernement ne change d’avis. En 2014, il y aura de nouveaux impôts et économies pour que le déficit se résorbe, mais cela pèsera sur la croissance.

Faut-il se focaliser à tout prix sur le déficit public?

L’objectif est difficilement conciliable avec la quête de l’emploi. Il faudrait un plan de réduction plus crédible pour retrouver la croissance. Après, les marchés pourraient à leur tour mal réagir si les objectifs de déficit sont moins élevés. Mais pour l’instant, les taux sont historiquement bas.