Medef: Laurence Parisot ne pourra pas se représenter

PATRONAT La présidente du Medef a acté son départ, après le vote négatif du conseil exécutif sur la réforme des statuts du mouvement...

B. de V. (avec Reuters)

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Laurence Parisot le 17 janvier 2013 à l'Elysée.
Laurence Parisot le 17 janvier 2013 à l'Elysée. — CHAMUSSY/SIPA

La réforme des statuts du Medef, qui devait permettre à Laurence Parisot de se représenter à la tête de l'organisation patronale, a été rejetée par le conseil exécutif, à une seule voix d'écart. Laurence Parisot a acté son départ le 1er juillet devant le comité exécutif. «J'ai immédiatement dit aux membres du conseil exécutif que je serai la garante de la bonne tenue de la campagne», a-t-elle affirmé lors de la conférence de presse faisant suite au vote.

Elle s'est dit persuadée que ce projet de modification statutaire redeviendrait d'actualité et serait un jour adopté. Et d'ajouter: «Cette réforme aurait marqué un progrès de démocratie interne. Cette réforme aurait permis de mettre un terme définitif à des logiques de cooptation ou de renouvellements empêchés, négociés dans le secret ou sous les pressions».

Le conseil exécutif du Medef a refusé jeudi de modifier ses statuts pour permettre à Laurence Parisot de briguer un troisième mandat à la tête de l'organisation patronale, a annoncé Charles Beigbeder, membre de cette instance. «La modification statutaire est rejetée, il n'y aura pas de convocation d'assemblée générale extraordinaire», a-t-il dit en précisant que le mandat de Laurence Parisot se terminerait le 1er juillet.

Scrutin serré

Le scrutin a été très serré puisque 22 voix ont approuvé une modification des statuts, 22 l'ont rejetée et un membre du conseil exécutif a voté blanc. Ce résultat a été confirmé par le secrétaire général du Medef, Hubert de l'Estoile. Plusieurs proches de Laurence Parisot, 53 ans, lui avaient récemment retiré leur soutien et plusieurs fédérations du Medef ont manifesté leur opposition à une prolongation de sa mission à la tête de l'organisation.

A la suite du vote, Thibault Lanxade, candidat à la présidence du Medef a déclaré non sans humour: «En ce Jeudi saint, le dernier repas des disciples d’un Medef ancien n’a pas, par sagesse, trahis l’esprit saint du patronat. Arpentons désormais un chemin de choix (et non pas de croix) qui conduira à la désignation du leader de notre mouvement pour les années à venir. Le Medef préserve son unité et peu se consacrer à un débat serein sur le fond».

Parisot peut-elle encore passer outre ce rejet?

Oui, selon Les Echos. Des membres du Medef ont découvert une faille dans les statuts actuels et s'en inquiètent. Dans l'article 6, il est en effet stipulé que, «s'il l'estime nécessaire», le président peut convoquer une AG «après avis du conseil exécutif». Selon ses opposants, dans le cas d'un vote qui lui serait défavorable, Laurence Parisot pourrait donc arguer du caractère uniquement consultatif du conseil exécutif pour mener directement la réforme à l'assemblée générale. Ce scénario est jugé d'autant plus plausible qu'elle apparaît minoritaire au sein du conseil.