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CONSOMMATION Pourquoi la restauration rapide est rattrapée par la crise

Pourquoi la restauration rapide est rattrapée par la crise

CONSOMMATION
L’ensemble de la restauration commerciale a trinqué en 2012. 2013 s’annonce noire...
Illustrations TVA à 5,50 dans la restauration.
Illustrations TVA à 5,50 dans la restauration. - Gilles Varela/20 Minutes
M.B.

M.B.

Rien ne va plus. Alors que l’Insee vient d’annoncer une baisse en 2012, pour la troisième année consécutive, du pouvoir d’achat des ménages, une étude du cabinet marketing NPD Group publiée mercredi fait état d’une crise prononcée de la restauration commerciale avec une baisse de fréquentation de 2% l’an dernier.

Tous les segments sont touchés

«Le marché reste en dessous de son niveau de 2009», constate Christine Tartanson, directrice de la division Foodservice de NPD Group, pour qui «la situation est actuellement beaucoup plus inquiétante pour le secteur». En effet, désormais tous les segments sont touchés, même la restauration rapide (fast-foods, vente à emporter ou livrée, sandwicheries, boulangeries, traiteurs, grandes et moyennes surfaces, cafétérias) qui avait été relativement épargnée par le durcissement des conditions économiques en 2009 et 2010. Les visites ont ainsi baissé de 2% l’an dernier.

«Sur les premières années de crise (2009-2011), la restauration rapide avait bénéficié d’un report des dépenses venant de la restauration à table, un circuit plus coûteux pour les consommateurs. En 2012, les Français ont continué de réduire leurs dépenses affectant même les segments de la restauration commerciale les plus attractifs en termes de prix», analyse Christine Tartanson.

Mais, note l’étude, c’est la restauration à table (cafés/bars/brasseries, restauration à thème et non thématique) qui est le plus touchée par le ralentissement économique avec 72 millions de visites perdues depuis trois ans.

Les clients rognent par les deux bouts

«Les Français rognent sur leurs dépenses par les deux bouts: le plus cher avec les sorties conviviales au restaurant le soir et le moins cher avec les pauses snacking. En d’autres termes, les Français ne maintiennent plus que les dépenses incompressibles. Seul le moment du déjeuner en restauration rapide et à table progresse en 2012», explique Christine Tartanson.

Autre mauvaise nouvelle pour l’industrie, les clients, quand ils se déplacent, commandent moins de produits qu’en 2011 (-3%). Ils ont ainsi particulièrement réduit leur consommation de boissons chaudes et de desserts de manière générale. Et l’addition aurait pu être encore plus salée. La restauration commerciale a été soutenue par les seniors qui représentent désormais 19% des visites.

Des Français pessimistes comme jamais

Pour cette année, les professionnels vont devoir encore prendre leur mal à patience. Pas d’éclaircie à l’horizon avance NPD. «Au regard de la crise profonde de la restauration commerciale en 2012 et des facteurs clés de croissance qui sont touchés, comme le moment du dîner, les sorties en famille ou encore le nombre moyen de produits consommés, nous estimons qu’il sera difficile pour le marché de se redresser en 2013. La fréquentation devrait continuer de se contracter de façon comparable à 2012. Seule une amélioration de la confiance des ménages au cours de l’année pourrait permettre un rebond du marché», conclut Christine Tartanson.

A voir. En mars, selon l’Insee, les Français n’ont jamais été aussi pessimistes sur leur niveau de vie futur.