Après Chypre, quel sera le prochain pays à demander un plan de sauvetage?

DETTE L'Irlande, la Grèce, l'Espagne, le Portugal et désormais Chypre. Quel est le prochain sur la liste?...

Bertrand de Volontat

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La première série de billets d'euros a été lancée en janvier 2002.
La première série de billets d'euros a été lancée en janvier 2002. — JAUBERT/SIPA

Une chose est sûre, Chypre ne sera pas le dernier pays à mettre en danger la zone euro. A peine s’est-on mis d’accord sur  un plan de sauvegarde coûteux pour l’Europe et pour Chypre, la question de l’identité de la prochaine nation en difficulté se pose. Quel est le pays sur le déclin qui aura besoin d’une aide des bailleurs de fonds de la Troïka (Union européenne-Banque centrale européenne-Fonds monétaire international) pour éviter la faillite?

Entrée dans la zone euro en 2007, la Slovénie est annoncée comme la prochaine victime de la crise des dettes nationales. Ce mardi, Moody's a abaissé la note de la deuxième banque NKMB, la faisant passer au rang de valeur ultra-spéculative. L’agence de notation américaine avait déjà dégradé le 13 mars dernier la note de la plus grande banque slovène Nova Ljubljanska Banka, au même rang ultra-spéculatif.

Sans plan de rénovation bancaire, l’aide européenne sera inévitable

Et selon le FMI, l’ensemble des banques slovènes ont en portefeuille quelque sept milliards d'euros de mauvaises créances accumulées depuis bien avant la crise des subprimes. Une somme égale à 20% du produit intérieur brut du pays, qui justifie une prochaine aide internationale. Le FMI préconise ainsi une injection de trois milliards d’euros dans l’économie slovène en 2013 et une recapitalisation d’un milliard des banques. «Je suis persuadé que nous n'allons pas nous retrouver dans la même situation» que Chypre, balaie cependant Marko Kranjec, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

Dans cette optique, le FMI et l'UE ont donc demandé au nouveau gouvernement fraîchement élu de centre-gauche du Premier ministre Alenka Bratusek de s'attaquer à la crise du secteur bancaire du pays pour réduire son poids. «Cela signifie: occupez-vous-en avant d'avoir des problèmes. Renforcez vos banques, consolidez vos bilans et prenez conscience du fait que si une banque est en difficulté, la réponse ne sera plus automatiquement que nous viendrons résoudre votre problème. Nous les repousserons. C'est la première réponse dont nous avons besoin : les repousser. C'est à vous de les résoudre», a affirmé le patron de l’Eurogroupe, qui regroupe les 17 ministres des Finances de la zone euro.

La Slovénie reste une petite économie, facilitant la comparaison avec Chypre, et la dégradation de la situation de la zone euro depuis 2008 a chaque jour un fort impact sur le pays des Balkans, en récession depuis la fin de l’année 2012, et sur ses institutions financières. On est bien loin du «too big to fail».