Espagne: récession et chômage en hausse en 2013, prédit la Banque centrale

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La Banque d'Espagne a estimé mardi que la récession dans le pays allait s'aggraver en 2013, et que le chômage, qui touche déjà plus d'un quart de la population active, allait poursuivre sa hausse.
La Banque d'Espagne a estimé mardi que la récession dans le pays allait s'aggraver en 2013, et que le chômage, qui touche déjà plus d'un quart de la population active, allait poursuivre sa hausse. — Dominique Faget afp.com

La Banque d'Espagne a estimé mardi que la récession dans le pays allait s'aggraver en 2013, et que le chômage, qui touche déjà plus d'un quart de la population active, allait poursuivre sa hausse.

La quatrième économie de la zone euro devrait voir cette année son produit intérieur brut reculer de 1,5% et son taux de chômage atteindre 27,1%, selon le bulletin mensuel de la banque centrale.

«L'important effet d'entraînement, lié à la baisse prononcée de l'activité à la fin de l'année 2012, fait que, malgré le profil d'amélioration progressive des taux trimestriels du PIB, notre prévision pour l'ensemble de l'année 2013 soit une chute légèrement supérieure à celle enregistrée au cours de l'exercice précédent», explique la banque centrale.

Retombée en récession depuis la fin 2011, l'Espagne a vu son PIB reculer de 1,37% en 2012. La baisse d'activité a été particulièrement accentuée au cours du quatrième trimestre, avec un repli du PIB de 0,8%.

«Les indicateurs conjoncturels relatifs au premier trimestre 2013 vont globalement dans le sens d'une prolongation de la contraction de l'activité, mais à un rythme quelque peu atténué par rapport à la fin de l'année dernière», détaille la Banque d'Espagne.

Elle souligne que la consommation privée, important facteur de la récession en 2012, dans un contexte de repli du pouvoir d'achat des ménages et de restriction de l'accès au crédit, montre «quelques signes d'amélioration».

Le financement de l'économie reste toutefois difficile, avec un «renchérissement généralisé des prêts» en janvier et une diminution des montants prêtés, tant aux ménages (-3,7% sur un an) qu'aux entreprises (-6,3%), note-t-elle.

Le secteur public devrait continuer à peser négativement sur l'activité, «du fait de la poursuite du processus de réduction des déficits», tandis que le commerce extérieur poursuivra son rôle de moteur de l'économie, avec des exportations attendues en hausse de 3,8% en 2013.

La banque centrale prévoit que l'économie espagnole connaisse ensuite «un rebond modeste» en 2014, avec une croissance de 0,6%, grâce à «une amélioration progressive des différentes composantes de la demande privée».

Le gouvernement prévoit une baisse du PIB de 0,5% en 2013 et une croissance de 1,2% en 2014, mais devrait prochainement réviser ces chiffres.

La Commission européenne table pour sa part sur un recul du PIB de 1,4% cette année, puis sur une hausse de 0,8% en 2014.

Dans ce contexte, le taux de chômage devrait poursuivre son ascension, pour atteindre 27,1% de la population active sur l'ensemble de 2013, estime la Banque d'Espagne.

En 2012, il s'était établi à 25% en moyenne et à 26,02% au quatrième trimestre.

Le chômage devrait ensuite amorcer un léger repli, pour terminer l'année 2014 à 26,8% des actifs, la reprise des embauches dans le secteur privé compensant une poursuite de la destruction d'emplois dans le public.

En matière de finances publiques, la Banque d'Espagne voit le déficit se réduire à environ 6% en 2013, contre 10% en 2012 en tenant compte de l'aide au secteur bancaire (6,7% hors aide aux banques). Le déficit devrait se maintenir à 6% en 2014, ajoute la banque centrale.

Les objectifs officiels négociés avec Bruxelles sont actuellement de 4,5% en 2013 et de 2,8% en 2014, mais la Commission européenne table sur un déficit de 6,7% cette année et de 7,2% en 2014.