Les Bourses d'Europe ouvrent dans le vert mais restent fébriles

avec AFP

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Les marchés financiers ont fait preuve d'une résistance surprenante au choc politique issu des élections italiennes, convaincus qu'une coalition se formera dans le pays et confiants dans le volontarisme des banques centrales en Europe et aux Etats-Unis.
Les marchés financiers ont fait preuve d'une résistance surprenante au choc politique issu des élections italiennes, convaincus qu'une coalition se formera dans le pays et confiants dans le volontarisme des banques centrales en Europe et aux Etats-Unis. — Giuseppe Cacace AFP

Les principales Bourses d'Europe ont ouvert en légère hausse mardi matin, mais la fébrilité était de mise, les investisseurs redoutant de voir appliquer à d'autres Etats en difficulté de la zone euro les mesures drastiques imposées à Chypre.

Vers 08H15 GMT, Paris gagnait 0,32%, tandis que Francfort prenait 0,30% et Londres 0,20%. De leur côté Milan et Madrid avançaient respectivement de 0,56% et 0,40%. Les investisseurs devraient rester nerveux, inquiets des conséquences de la crise chypriote sur le reste de la zone euro, estiment les analystes du Crédit Agricole.

Si l'annonce lundi d'un accord de sauvetage financier de l'île par la troïka de ses bailleurs de fonds (FMI, UE, BCI) de 10 milliards de dollars avait été dans un premier temps bien accueillie, car il évitait la faillite au pays, les marchés ont vite changé leur fusil d'épaule, pour s'inquiéter des termes du plan et terminer en baisse.

La restructuration drastique du secteur bancaire et la ponction sur les dépôts non garantis (au-delà de 100.000 euros) dans les deux principales banques chypriotes imposées en contrepartie, ont alimenté les inquiétudes.

Mais c'est le ministre des Finances néerlandais et président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, qui a mis en émoi les salles de marché en jugeant que l'accord sur Chypre devait servir de modèle aux futurs plans de sauvetage. Par la suite, il est revenu sur ses propos mais sans parvenir à rassurer les investisseurs.

Mardi matin Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a condamné les propos de Dijsselbloem, estimant qu'il avait «eu tort» de les prononcer, bien qu'il les ait corrigés dans la foulée.

«Djisselbloem a eu tort de dire ce qu'il a dit», a estimé Coeuré sur la radio Europe 1. «L'expérience de Chypre n'est pas un modèle pour le reste de la zone euro parce que la situation avait atteint une ampleur qui n'est comparable à aucun autre pays», a-t-il tranché.

Or pour IG Market, la confiance est bien en train de s'émousser après la décision prise sur Chypre et les propos du dirigeant européen. Les marchés n'apprécient guère que le parlement chypriote n'ait pas eu son mot à dire sur le plan de sauvetage, un «précédent inquiétant», juge le courtier.

Ce retour de l'anxiété a entraîné lundi soir une chute de l'euro à son plus bas niveau en quatre mois. Sur le marché des changes vers 08H15 GMT, l'euro restait sous pression et valait 1,2855 pour un dollar. En Asie, Hong Kong a fini en légère hausse de 0,27% tandis que Shanghai cédait 1,25%. De son côté, Tokyo a fermé en repli de 0,60% en raison de la remontée du yen qui pénalise ses entreprises exportatrices, un renchérissement alimenté par les inquiétudes concernant Chypre et la zone euro.