Des régions inégalement touchées par la crise

claire planchard

— 

Les suppressions d'emplois chez Doux ont frappé la Bretagne (archives).
Les suppressions d'emplois chez Doux ont frappé la Bretagne (archives). — F. LEPAGE / SIPA

Effet de rattrapage ? En 2012, la flambée des inscriptions à Pôle emploi (+ 10, 4 % dans la catégorie A*), n'a épargné aucune des 22 régions métropolitaines. En revanche, celles qui semblaient jusque-là le mieux résister ont payé le prix fort : sept des dix plus fortes hausses régionales ont eu lieu dans des zones affichant encore fin 2011 des taux de chômage bien inférieurs à la moyenne nationale de 9, 2 %.

Plans sociaux et fermetures


Exemples : la Bretagne, qui avec un faible taux de 7, 9 % fin 2011, a vu son chômage croître de 12, 7 % sur un an, avec de gros plans sociaux comme celui du volailler Doux ; la Franche-Comté (+ 15 % pour un taux de 8, 5 % fin 2011), où les sous-traitants automobiles ont souffert des difficultés de PSA Sochaux ; l'Alsace (+ 11, 4 %, à 8, 3 % en 2011), où la raffinerie de Reichstett a fermé.

A l'inverse, trois des cinq régions qui ont connu les hausses de chômage les plus modérées en 2012 affichaient à l'origine des taux bien supérieurs à 10 %, comme Provence-Alpes-Côte d'Azur (+ 7, 8 %), la Picardie (+ 9, 4 %) ou la Haute-Normandie (+ 9, 1 %). « C'est logique : les zones où le chômage était structurellement très fort avant la crise sont moins sensibles à la conjoncture. Beaucoup de personnes y étaient déjà au chômage et les choses changent peu. Tandis que les zones plus dynamiques sont en proportion plus touchées par la crise », analyse Gérard Cornilleau, spécialiste du marché du travail à l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques).

■ Double peine

Déjà durement frappées par le chômage, les régions Lorraine (+ 11,4 %) et Champagne-Ardenne (+ 14,3 %) ont encore accusé le coup en 2012. L'Aquitaine (+ 9 %), la Basse-Normandie (+ 8,5 %) et l'Ile-de-France (+ 9,9 %) ont, elles, conforté leur avantage.