La Bourse de Paris dans l'attente que Chypre se tire d'affaire

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La Bourse de Paris, ébranlée par le difficile sauvetage de Chypre, espère qu'une solution sera validée par la zone euro avant la date butoir de lundi, afin de retrouver de la sérénité au cours d'une semaine écourtée en raison de Pâques et pauvre en statistiques.
La Bourse de Paris, ébranlée par le difficile sauvetage de Chypre, espère qu'une solution sera validée par la zone euro avant la date butoir de lundi, afin de retrouver de la sérénité au cours d'une semaine écourtée en raison de Pâques et pauvre en statistiques. — Joel Saget AFP

La Bourse de Paris, ébranlée par le difficile sauvetage de Chypre, espère qu'une solution sera validée par la zone euro avant la date butoir de lundi, afin de retrouver de la sérénité au cours d'une semaine écourtée en raison de Pâques et pauvre en statistiques.

Au cours de la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a perdu 1,91%, et terminé à 3.770,29 points. Depuis le 1er janvier, il a gagné 3,55%.

«Le principal souci de la semaine prochaine et des jours à venir est Chypre», résument les économistes chez le bancassureur ING.

Les marchés restent suspendus aux délicates négociations en cours pour sauver le pays de la faillite, sans toutefois perdre trop de terrain.

«Le marché réagit plutôt bien à des nouvelles politiques perturbantes et difficiles à appréhender, dans un environnement macroéconomique compliqué (dans la) zone euro», estime Yves Maillot, directeur du pôle d'expertise sur les actions européennes de Natixis AM.

Les investisseurs ont craint dans un premier temps la mise en place d'une taxe sur les dépôts bancaires, prévue dans le plan de sauvetage initial du week-end dernier, lequel a finalement été rejeté par le Parlement chypriote.

Depuis, les négociations sont allées bon train dans le pays, tant avec la zone euro et le FMI (Fonds monétaire international) qui propose 10 milliards d'euros d'aide en échange d'un effort de 5,8 milliards, qu'avec la Russie, qui a de nombreux intérêts dans l'île.

Le compte à rebours est lancé puisque Chypre a jusqu'à lundi pour faire valider un nouveau plan. La Banque centrale européenne (BCE) a quant à elle menacé de retirer à partir du même jour ses mesures de soutien d'urgence aux banques chypriotes faute d'accord.

Une réunion des ministres des Finances de la zone euro devrait avoir lieu sur le sujet chypriote dimanche.

«La zone euro subit un nouvel accès de fièvre», prévient Fabrice Cousté, directeur de CMC Markets France, pour qui «le spectre d'une sortie d'un état membre de la zone euro relancerait les risques de contagion du système financier européen».

L'impact sur les pays en difficultés de la zone euro est pour l'instant limité puisque les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie ont peu évolué, alors qu'un emprunt réussi de Madrid jeudi dernier a même rassuré sur la capacité de ces pays à se financer.

La crise à Chypre n'en a pas moins coupé dans son élan le CAC 40 qui avait nettement progressé depuis début février au point de grimper jusqu'à près de 3.900 points en séance mi-mars.

«Les soubresauts politiques en Italie et à Chypre n'ont pour l'instant eu comme conséquence qu'un retour modéré de l'aversion au risque», juge François Duhen, stratégiste chez Crédit Mutuel-CIC.

Il reste que «Chypre masque la question toujours non résolue de l'Italie, qui se cherche toujours un gouvernement», prévient M. Maillot.

Les investisseurs espèrent retrouver un peu de calme dans les prochains jours une fois le cas chypriote derrière eux, d'autant que la semaine prochaine sera écourtée puisque le marché parisien sera fermé vendredi saint pour le week-end de Pâques.

Peu d'indicateurs sont par ailleurs prévus en zone euro et le marché suivra toutefois plusieurs emprunts de l'Italie.

Focalisés sur la zone euro, les investisseurs ont un peu oublié l'actualité américaine ces derniers jours, alors même que la banque centrale américaine a maintenu sa politique monétaire très favorable et que les statistiques publiées sont plutôt de bonne facture.

«Le marché a de nouveau des préoccupations plus immédiates sur la zone euro, ce qui fait passer au second plan des chiffres qui confortent pourtant la reprise économique aux Etats-Unis», selon M. Maillot.

La semaine prochaine, une série d'indicateurs est au programme aux Etats-Unis mais peu sont de premier plan. Les investisseurs surveilleront des chiffres sur l'immobilier, les commandes de biens durables et la confiance des consommateurs notamment.

Euronext (CAC 40)