Quelles sont les régions qui résistent à la flambée du chômage?

DECRYPTAGE Zoom sur la cartographie de l'évolution du chômage, avant la parution mardi des statistiques de Pôle emploi pour le mois de février...

Claire Planchard

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Un bureau de Pôle emploi à Bordeaux.
Un bureau de Pôle emploi à Bordeaux. — SEBASTIEN ORTOLA/20 MINUTES

Effet de rattrapage? En 2012, la flambée du nombre d’inscriptions à Pôle emploi (+10,4% dans la catégorie A de janvier 2012 à janvier 2013), n’a épargné aucune des 22 régions métropolitaines mais ce sont celles qui semblaient jusque-là relativement épargnées qui ont payé le prix le plus fort.

C’est ce qui ressort du croisement des statistiques de l’Insee sur les taux de chômages trimestriels et des statistiques de Pôle emploi sur les inscriptions de demandeurs d’emplois en catégorie A par régions.  (>>Voir la méthodologie et la définition des deux indicateurs).

Le chômage frappe durement de nouvelles régions

Ainsi, sur les dix plus fortes hausses régionales enregistrées entre janvier 2012 et janvier 2013, sept ont eu lieu dans des régions qui affichaient encore au troisième trimestre 2011 des taux de chômage nettement inférieurs à la moyenne nationale (9,2%) et se situaient toujours en deçà au 3e trimestre 2012 (9,9%).

Parmi les exemples les plus flagrants: la Bretagne, qui affichait un des taux de chômage les plus faibles du pays (7,9% fin 2011) mais qui a vu le nombre de ses demandeurs d’emploi exploser de 12,7% sur un an, avec des plans sociaux retentissants comme celui du volailler Doux (883 licenciements en septembre);  tout comme la Franche Comté (+15% sur un an, avec un taux de chômage de 8,5% fin 2011) où les sous-traitants automobiles (MBF Techno, Trevest, etc.) ont été particulièrement touchés par les difficultés du site PSA de Sochaux , ou encore l’Alsace (+11,4%, avec un taux de 8,3%) avec la fermeture de la raffinerie Petroplus de Reichstett fin 2011 ou la suppression de 127 postes sur le site de Sélestat du spécialiste des tissus industriels Albany.

Parmi les rares exceptions où la situation déjà très dégradée de l’emploi s’est encore fortement détériorée l’an passé, les régions de l’Est de la France souffrent le plus: Champagne-Ardenne, avec un taux de 10,9% au troisième trimestre 2011, en hausse de 14,3% en 2012 et la Lorraine (+11,4%, avec un taux de 9,5%).

Un répit relatif dans les régions les plus touchées

A l’inverse, trois des cinq régions qui ont connu les hausses de chômage les plus modérées l’an dernier affichaient à l’origine des taux de chômage bien supérieurs à la moyenne nationale. C’est le cas notamment de la région Paca (+7,8%, pour un taux de chômage de 10,9% au 3e trimestre 2011), la Picardie (+9,4% avec un taux de 10,9%) ou encore de la Haute Normandie (+9,1% avec un taux de 10,4).

«Ce phénomène est logique: il est lié à la nature conjoncturelle de la forte hausse actuelle du chômage», analyse Gérard Cornilleau, spécialiste du marché du travail à l’Office français des conjonctures économiques.
«Les zones où le chômage était structurellement très fort avant la crise sont moins sensibles à la conjoncture. Beaucoup de personnes y étaient déjà au chômage et les choses ne changent pas ou peu. Tandis que les zones plus dynamiques sont en proportion plus touchées par le ralentissement de la conjoncture», poursuit-il.

En revanche, trois régions particulièrement dynamiques sortent leur épingle du jeu en affichant tout à la fois  un niveau de chômage et une progression plus favorables que la moyenne nationale: l’Aquitaine (+9% avec un taux 9,2% au 3e trimestre 2011) et la Basse Normandie (+8,5% avec un taux de 8,8%) ou l’Ile de France (+9,9%, avec un taux  de 8,1%)