Chypre: Berlin affiche sa fermeté mais reste prêt à aider

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Plusieurs responsables allemands ont affiché vendredi leur fermeté à l'égard de Nicosie, jugeant insatisfaisantes les propositions de Chypre pour éviter la banqueroute mais laissant ouverte la porte à un plan de sauvetage européen.
Plusieurs responsables allemands ont affiché vendredi leur fermeté à l'égard de Nicosie, jugeant insatisfaisantes les propositions de Chypre pour éviter la banqueroute mais laissant ouverte la porte à un plan de sauvetage européen. — Soeren Stache DPA

Plusieurs responsables allemands ont affiché vendredi leur fermeté à l'égard de Nicosie, jugeant insatisfaisantes les propositions de Chypre pour éviter la banqueroute mais laissant ouverte la porte à un plan de sauvetage européen.

La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu vendredi matin qu'il ne fallait «pas abuser de la patience des partenaires de la zone euro», selon des propos rapportés par des députés de sa coalition, à qui elle s'est adressée lors de réunions fermées à la presse.

La chancelière estime que le projet de fonds d'investissement avancé par Chypre jeudi ne remplit pas les conditions posées par les partenaires de l'île, selon ces députés.

L'Allemagne refuse notamment un alourdissement de la dette chypriote. Elle refuse aussi une implication des fonds de pension dans le plan d'aide, comme le souhaiterait Nicosie. Une telle proposition aurait déjà été rejetée par la troïka des bailleurs de fonds (UE-BCE-FMI) le week-end dernier, selon un porte-parole du ministère allemand des Finances.

La chancelière «n'a pas de détails» sur les plans chypriotes, a déploré un peu plus tard son porte-parole Steffen Seibert. «Les pays de la zone euro tendent la main à Chypre pour l'aider, mais les mêmes principes que pour l'aide aux autres pays européens doivent s'appliquer», a-t-il ajouté.

«L'Union européenne ne doit en aucun cas renoncer à ses principes», avait affirmé Mme Merkel vendredi matin au Bundestag, selon un député, cité par l'agence allemande DPA.

Le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle, tout en se disant «très inquiet» de la situation, a aussi martelé dans un entretien télévisé que «les règles que nous avons définies pour répondre à la crise ces deux dernières années (devaient) être respectées». «Cela signifie que nous sommes prêts à être solidaires, mais en retour les pays qui sollicitent notre solidarité doivent être prêts à faire leurs devoirs», a-t-il dit.

Parmi ces obligations, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a cité une restructuration du secteur bancaire du pays, dans un entretien à la presse grecque.

«Il se peut que nous trouvions un accord» mais «c'est impossible à dire pour le moment», a déclaré M. Schäuble, lors d'une conférence de presse vendredi à Berlin. Une conférence téléphonique de l'Eurogroupe jeudi soir, pendant laquelle les responsables chypriotes ont exposé leurs propositions, a «apporté peu d'éléments nouveaux», a-t-il affirmé.

Le chef de file des députés conservateurs au Bundestag, Volker Kauder, s'est montré à peine plus optimiste vendredi matin dans un entretien à la télévision publique. «Quand une proposition sera sur la table, je vois de bonnes chances (de se mettre d'accord)», a dit ce proche de la chancelière. «Mais nous n'en sommes pas encore là, malheureusement», a-t-il reconnu.

M. Kauder a aussi estimé que Chypre «jouait avec le feu», tout en assurant que les Européens n'avaient aucunement comme objectif de laisser l'île aller à la faillite.

Chypre doit présenter à ses partenaires d'ici lundi un plan de financement à hauteur de 7 milliards d'euros, condition au déblocage par ceux-ci d'une aide de 10 milliards qui lui éviterait la faillite. Nicosie a mis sur la table jeudi une proposition aux contours flous portant notamment sur la création d'un fonds de solidarité.

A Bruxelles, il est question d'une réunion de l'Eurogroupe dimanche. «Ma femme me demande: +est-ce-que tu seras à la maison dimanche?+, mais je n'en sais rien», a réagi à ce propos M. Schäuble.