Chine: La libéralisation économique marque le pas, selon l'OCDE

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La libéralisation économique en Chine marque le pas depuis quatre ans, selon un rapport publié vendredi à Pékin par l'OCDE qui appelle à une accélération des réformes dans ce pays en route pour devenir la première économie mondiale.
La libéralisation économique en Chine marque le pas depuis quatre ans, selon un rapport publié vendredi à Pékin par l'OCDE qui appelle à une accélération des réformes dans ce pays en route pour devenir la première économie mondiale. — Mark Ralston AFP

La libéralisation économique en Chine marque le pas depuis quatre ans, selon un rapport publié vendredi à Pékin par l'OCDE qui appelle à une accélération des réformes dans ce pays en route pour devenir la première économie mondiale. «La réduction de la taille du secteur étatique a pris fin en 2008», constate l'Organisation de coopération et de développement économique, qui conseille les dirigeants chinois. «D'une manière générale la concurrence s'intensifie, augmentant la productivité, mais la propriété étatique doit être réduite dans certains secteurs», selon ce rapport publié quelques jours après que le nouveau Premier ministre Li Keqiang a reconnu la difficulté de s'attaquer aux «intérêts acquis» dans le cadre des réformes.

Dans ses recommandations, l'OCDE appelle aussi à un taux de change plus flexible du yuan, à l'ouverture de plus de secteurs à l'investissement privé et à des taxes sur les émissions de CO2 pour protéger l'environnement. «L'économie chinoise connaît une expansion rapide malgré un contexte international très difficile», se félicite par ailleurs l'OCDE qui a calculé qu'en parité de pouvoir d'achat, la Chine «a maintenant dépassé la zone euro et est sur les rails pour devenir la première économie mondiale vers 2016». L'OCDE prédit une croissance de 8,5% de l'économie chinoise en 2013 et de 8,9% en 2014.

La progression du PIB freine

L'an dernier, le PIB chinois a augmenté de 7,8%, son taux le plus faible depuis 1999. L'objectif à atteindre fixé par Pékin pour 2013 est de 7,5%. Premier exportateur mondial, la Chine a réduit depuis 2007 les déséquilibres de ses échanges extérieurs, mais la présence accrue de ses entreprises d'Etat à l'étranger risque d'être une source de tensions accrue avec les pays occidentaux, a prévenu le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, lors d'une conférence de presse. Les investissements des entreprises chinoises à l'étranger ont augmenté de près de 30% l'an dernier à plus de 77 milliards de dollars, et bondi de près de 150% au cours des deux premiers mois de 2013, par rapport à la même période de 2012.

Dans plusieurs secteurs comme l'énergie ou les transports, ces investissements sont réalisés presque exclusivement par des entreprises d'Etat. «Si dans un pays vous avez des sociétés qui ne sont pas taxées, ne payent pas de dividendes, ne font pas l'objet de contrôles et qu'elles entrent en compétition» avec des pays dont les sociétés sont soumises à ces charges, «ce n'est pas équitable», a déclaré M. Gurria. «Je vois cela comme le prochain problème qui pourrait émerger entre l'Occident et la Chine dans les discussions (internationales), tout comme le (taux de change du) renminbi (nom officiel du yuan) l'était il y a quelques années», a ajouté le secrétaire général de l'OCDE.