Les Français ne croient pas en leur système bancaire

C.B.
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Illustration d'un retrait à un distributeur automatique de la banque LCL.
Illustration d'un retrait à un distributeur automatique de la banque LCL. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Ca ne s’améliore pas. D’après une étude réalisée par le cabinet Deloitte, seul un Français sur trois (34%) déclare avoir confiance dans le système bancaire français. Soit autant que l’an dernier (33%). Mais nettement moins qu’en 2011, époque à laquelle 43% des Français assuraient avoir foi dans ce système.

Si les Français doutent des banques dans leur ensemble, ils sont moins suspicieux avec leur propre établissement. Six Français sur dix (60%) déclarent en effet avoir confiance dans leur banque. Une proportion qui n’évolue pas depuis 2011.

Les femmes et les jeunes plus confiants

Ce niveau de confiance varie selon les individus et les banques. Ainsi, les femmes font davantage confiance à leur banque que les hommes (62% contre 57%). Les 15-24 ans sont également les plus confiants (69%), devant les 25-34 ans (61%), les 50 ans ou plus (58%) et les 35-49 ans (57%). Géographiquement, les habitants de la moitié sud de la France sont également plus méfiants. 

Mais la confiance varie surtout selon le type de banques. Ainsi, les clients des banques directes, comprenez les banques en ligne, sont de loin les plus confiants (73%). Les clients des banques affinitaires (Crédit coopératif, La banque postale) et des banques mutualistes (Banque populaire, Crédit agricole, Crédit mutuel, Caisse d’épargne) sont légèrement au-dessus de la moyenne, avec respectivement 66% et 61% de clients confiants. Ce sont les banques traditionnelles (Société générale, BNP, LCL, HSBC, etc.) qui plombent les résultats, avec un taux de confiance de 55%.

Les Français recommandent peu leur banque

Si la confiance des Français évolue peu, leur satisfaction progresse nettement. Cette année, près de 9 Français sur 10 (88%) se déclarent satisfaits de leur banque, ils étaient 76% l’an dernier.

Au final, ces contradictions expliquent peut-être le faible taux de recommandation spontané, appelé NPS dans le jargon des études, qui reste toujours négatif à -16%. Si les promoteurs de leurs banques sont 23%, leurs détracteurs sont nettement plus nombreux (38%), les neutres dominant le tout (39%). Une situation qui ne se retrouve pas forcément dans les autres pays. Les banques américaines affichent par exemple des NPS de +43% à +45%.

Ce NPS n’est pas à prendre à la légère puisque le niveau de confiance des clients envers leur banque a un impact direct sur le produit net bancaire (PNB), comprenez le chiffre d’affaires des banques. L’an dernier, 71% des «détracteurs» n’ont acheté aucun produit dans leur banque, ce qui était le cas de «seulement» 58% des promoteurs.