Chypre: Les conséquences du rejet du plan de sauvetage

DETTE Le Parlement de Chypre a rejeté ce mardi les conditions du plan de sauvetage de l'Union européenne, qui impliquait une taxation des dépôts bancaires...

Bertrand de Volontat (avec agences)

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Le président chypriote, Nicos Anastasiades (à droite), réunit son cabinet, le 17 mars 2013, à Nicosie (Chypre).
Le président chypriote, Nicos Anastasiades (à droite), réunit son cabinet, le 17 mars 2013, à Nicosie (Chypre). — STRINGER / REUTERS

Le feu brûle encore à Chypre mais la population ne gronde plus. Le Parlement chypriote a rejeté ce mardi le plan de sauvetage européen pour l'île après le tollé provoqué par la taxe sans précédent sur les dépôts bancaires qui y est prévue, mais les dirigeants de la zone euro ont immédiatement réitéré leur offre, estimant que la balle était «toujours dans le camp» de Chypre. 20Minutes fait le point sur la situation.

Que va-t-il se passer? Chypre a toujours besoin de 17 milliards d'euros pour faire face à sa dette. Le gouvernement va chercher à renégocier les termes de l'accord avec la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) et tentera en même temps de trouver d'autres moyens d'assurer les 5,8 milliards d'euros (en marge des 10 milliards accordés par la troïka). Parmi les options, Chypre pourrait envisager d'émettre des obligations, de restructurer les banques et de tenter d'attirer plus d'investissements russes, selon les médias.

Est-ce le premier refus essuyé par l’UE? Le gouvernement grec, lui-même visé par un plan d'aide, avait été le premier gouvernement de l’UE à demander que la zone euro «corrige» le plan d'aide.

Le risque de contagion est-il d'actualité? Pour le ministre français du Budget Bernard Cazeneuve, la crise chypriote ne menace pas «la stabilité de la zone euro».

Que se passe-t-il ce mercredi? Le président Nicos Anastasiades était en réunion avec les chefs des partis pour trouver une solution à la crise et éviter la faillite au pays, alors que les banques étaient toujours fermées sur l'île, pour empêcher une ruée aux guichets de clients mécontents et de crainte d'une fuite massive de capitaux. Le chef de la Banque centrale Panicos Demetriades ainsi qu'un membre de la troïka devait participer à la réunion au palais présidentiel à Nicosie. L'une des options sur la table est la nationalisation les fonds de pensions des institutions étatiques et semi-étatiques, qui pourrait rapporter 3 milliards d'euros, selon la même source. Une autre est la contraction du secteur bancaire, avec la possible fusion des deux principales banques afin de réduire le montant de la recapitalisation nécessaire.

L’option russe incontournable? L'annonce du plan de sauvetage a provoqué une onde de choc à l'étranger, surtout en Russie. La taxe de 9,9% sur les dépôts de plus de 100.000 euros risquait en effet de coûter des milliards d'euros aux fortunes russes placées dans l'île. Chypre a demandé à la Russie de proroger de cinq ans, jusqu'en 2021, un prêt de 2,5 milliards d'euros obtenu en 2011 et qui vient normalement à échéance en 2016. Chypre souhaiterait en outre que Moscou revoie à la baisse le taux d'intérêt (4,5%) de ce prêt. Après l'annonce du plan européen, Moscou avait même menacé de revenir sur sa proposition d'assouplir les conditions du crédit. Selon le quotidien Vedomosti, la banque russe Gazprombank, détenue à 41% par le géant public gazier Gazprom, a proposé à Chypre une aide financière en échange de licences de production de gaz naturel après la découverte de colossales ressources en hydrocarbures sous la mer au large des côtes méridionales de l'île.