Le Sénat américain étrille JPMorgan à propos de la «baleine de Londres»

Avec Reuters

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JPMorgan Chase a occulté des risques, trompé les investisseurs, affronté les régulateurs et tenté de contourner la réglementation, confrontée qu'elle était à des pertes énormes liées à un portefeuille de dérivés, lit-on dans un rapport du Sénat américain sur la première banque américaine.

La direction de la banque n'a pas cessé d'être avertie des mois durant de ces transactions malencontreuses sur dérivés qui lui ont coûté en définitive plus de 6,2 milliards de dollars sans pour autant réagir, selon le rapport de la sous-commission permanente d'investigation publié jeudi.

Ce même jour, la Réserve fédérale américaine a demandé à JPMorgan & Chase et à Goldman Sachs d'améliorer leurs procédures pour déterminer le montant de leurs redistributions aux actionnaires, tout en avalisant leurs plans de rachats d'actions et de versements de dividendes.

Cette pluie de mauvaises nouvelles pour une J.P. Morgan, longtemps considérée comme la banque américaine la plus sûre et la mieux gérée, risque de ternir la réputation à la fois de l'établissement et de son directeur général Jamie Dimon.

Le rapport de 301 pages du Sénat apporte du grain à moudre aux régulateurs travaillant sur la règle Volcker, qui propose de restreindre les opérations des banques pour compte propre. «Nous avons à plusieurs reprises admis nos erreurs et la direction a toujours agi de bonne foi, sans jamais avoir eu l'intention de tromper qui que ce soit», a dit une porte-parole de J.P. Morgan.

Des sources de la sous-commission ont dit que les pertes semblaient dépasser 6,2 milliards de dollars, sans qu'il soit possible de les chiffrer exactement parce que les transactions faites à l'origine par le Chief Investment Office (CIO) de Londres ont été déplacées dans d'autres départements de la banque.
Elles ont dit que la banque avait refusée de leur donner davantage d'informations concernant la valorisation de ces positions.

La sous-commission entendra directement des responsables de la banque, à l'exception de Jamie Dimon, vendredi matin sur ces transactions de dérivés connues sous l'appellation de transactions de la baleine de Londres, surnom donné au trader français Bruno Iksil.