Coup de frein sur les pensions

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Les pensions devraient augmenter moins vite que les prix.
Les pensions devraient augmenter moins vite que les prix. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Du jamais vu depuis les années 1990. Les pensions des 11, 5 millions de retraités risquent d'être revalorisées au 1er avril en dessous de l'inflation. Au lieu d'augmenter de 1, 75 %, les complémentaires vont progresser de 0, 8 % pour les anciens salariés du privé (Agirc) et de 0, 5 % pour les ex-cadres (Arcco). Et, en 2014 et 2015, la désindexation partielle sera inférieure d'un point à l'évolution des prix. C'est ce que prévoit le protocole d'accord dévoilé mercredi soir par le patronat et les syndicats . Mais il ne tient qu'à un fil. La CGT et la CFE-CGC ont laissé entendre qu'elles ne signeraient pas, dénonçant la baisse de pouvoir d'achat. Les complémentaires représentent en moyenne 57 % des pensions d'un ancien cadre et 31 % pour un ancien salarié du privé.

Une réforme déjà insuffisante


Comme la CFTC et FO seraient partants, c'est la CFDT qui détient la clé de l'accord. Un échec signifierait une revalorisation automatique des pensions sur la base de l'inflation creusant un peu plus les déficits des complémentaires, estimés à 4, 5 milliards d'euros pour 2012. La désindexation partielle doit permettre d'économiser deux milliards d'euros par an. Il a été aussi décidé d'augmenter en 2014 et 2015 de 0, 1 point le taux de cotisation, acquittée à 60 % par les employeurs et à 40 % par les salariés. Cette mesure apportera 1, 1 milliard d'euros. Malgré ces efforts, en 2017, les déficits seraient encore de 5, 5 milliards d'euros, selon le Medef. Un nouveau tour de vis semble donc inéluctable. m. B.