La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a annoncé jeudi avoir approuvé les plans d'utilisation du capital de seize des plus grandes banques américaines, mais n'avoir donné qu'un feu vert "sous conditions" à deux d'entre elles, Goldman Sachs et JPMorgan Chase.
La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a annoncé jeudi avoir approuvé les plans d'utilisation du capital de seize des plus grandes banques américaines, mais n'avoir donné qu'un feu vert "sous conditions" à deux d'entre elles, Goldman Sachs et JPMorgan Chase. — Karen Bleier AFP

Économie

Etats-Unis: Feu vert aux projets de dividendes de 16 grandes banques

La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a annoncé jeudi avoir approuvé les plans d'utilisation du capital de seize des plus grandes banques américaines, mais n'avoir donné qu'un feu vert «sous conditions» à deux d'entre elles, Goldman Sachs et JPMorgan Chase.

Sur les dix-huit plus grandes banques qui avaient soumis à l'autorisation de la Fed leurs projets de versements de dividendes ou de rachats d'actions, deux ne sont pas parvenues à l'obtenir: Ally Financial et BB&T. Selon la Réserve fédérale, quatorze grandes banques ont observé toutes les conditions posées par la Fed, à savoir montrer leur capacité à maintenir certains ratios de solidité financière en cas de dégradation violente et prolongée de la conjoncture économique, ainsi que le respect de certains critères qualitatifs.

Goldman et JPMorgan à part

Il s'agit d'American Express, Bank of America, Bank of New York Mellon, Capital One, Citigroup, Fifth Third Bancorp, KeyCorp, Morgan Stanley, PNC Financial, Regions Financial, State Street, SunTrust, US Bancorp et Wells Fargo.

L'examen des plans de Goldman Sachs et JPMorgan, deux banques emblématiques des excès de Wall Street, a en revanche révélé «des faiblesses dans leur processus de prévision de l'utilisation du capital» en dépit du fait que ces deux établissements aient fait la preuve de leur capacité à maintenir les ratios de solidité financière réglementaires, indique la Fed dans un communiqué.

En conséquence, précise la banque centrale, ils peuvent commencer à mettre en oeuvre leurs projets, mais devront apporter des réponses satisfaisantes aux questions soulevées par la Fed d'ici à la fin du troisième trimestre, sous peine de voir leurs projets bloqués.

Dans un communiqué, JPMorgan s'est engagée «à satisfaire tous les critères de la Fed». Laconique, Goldman Sachs a dit sa satisfaction de pouvoir «continuer [...] à distribuer du capital [à ses] actionnaires». Ally, en revanche, a critiqué la méthode de la Fed, et lui a demandé de faire preuve de «plus de transparence».

Consolidation des plus grandes banques américaines

Ces annonces de la banque centrale consacrent le dénouement de l'édition 2013 de ses tests de résistance bancaire. Lancés en novembre, ces examens étaient le troisième exercice du genre que la Fed menait depuis le déclenchement de la crise, et les premiers sur la base annuelle désormais requise par la loi de réforme de la finance.

Lors de la publication des premiers résultats, une semaine plus tôt, la Réserve fédérale s'était félicitée d'une consolidation des plus grandes banques américaines, alors même que certains de ses responsables s'inquiètent des risques que ces mastodontes continuent de faire peser sur l'ensemble du système financier.

La Fed avait gelé les projets de dividendes des grandes banques pendant la récession de 2007-2009 et n'avait consenti à ce que celles-ci n'augmentent leurs dividendes ou reprennent les rachats d'actions qu'en mars 2012. L'approbation des plans d'utilisation du capital est valable pour un an à compter du début du deuxième trimestre.

Parlant sous le couvert de l'anonymat, un responsable de la Fed a indiqué que, dans l'ensemble, les plus grandes banques américaines avaient redistribué 19% de leurs bénéfices en 2012 et qu'elles comptaient augmenter cette proportion dans les années à venir. BB&T a indiqué que la Fed l'autorisait à reverser pour chacun des quatre trimestres à venir un dividende égal à celui qui sera versé pour les trois premiers mois de l'année et qui marquait une hausse de 15% par rapport à la moyenne pour 2012.