En France, le salaire moyen est de 2.410 euros brut

M.B.

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Bulletins de paie.
Bulletins de paie. — A. GELEBART/20 MINUTES

Un léger mieux. L’an dernier, selon les chiffres publiés mercredi par l’Acoss, l’organisme qui fédère les organismes de Sécurité sociale, le salaire moyen par tête (SMPT) a augmenté de 2,1%, contre 3,5% en 2011, à 2.410 euros bruts par mois. Ce n’est pas le Pérou, mais avec une inflation de 1,2%, les salariés du privé ont pu grappiller 0,9 point de pouvoir d’achat. Mieux que rien donc même si la tendance n’incite guère à l’euphorie. En effet, la progression du SMPT patine. De 0,6% sur les trois premiers mois de l’année passée, elle est passée à 0,4% entre octobre et décembre. Autant dire que 2013 débute sur de mauvaises bases.

L’emploi trébuche dans presque toutes les régions

A l’image de l’emploi salarié, qui a diminué de 0,25% au quatrième trimestre et de 0,5% en 2012 en France, pour un total sur l’année de 94.000 postes détruits, selon les chiffres de l’Acoss, calculés en partie sur les données de l’Insee publiées ce mercredi matin. Et toutes les régions sont touchées sauf l’Ile-de-France, Midi-Pyrénées, soutenue par le dynamisme de l’aérospatiale, et les DOM. «Des régions jusque-là épargnées connaissent pour la première fois un recul de l’emploi: Paca, Rhône-Alpes, Aquitaine, Pays de Loire. Les baisses les plus importantes sont situées au nord-est du pays, notamment en Franche-Comté (-2,28%), qui pâtit de la baisse de l’emploi intérimaire dans l’automobile», explique Alain Gubian, le directeur des statistiques de l’Acoss.

L’industrie résiste

Néanmoins, quelques éclaircies apparaissent dans ce ciel chargé. On est encore loin des 591.000 emplois perdus entre mars 2008 et septembre 2009. De plus, le recul de l’emploi dans l’industrie, malgré la litanie de plans sociaux (PSA, Goodyear, Arcelor Mittal, Pétroplus…), semble se stabiliser avec un repli de 0,9% en 2012, contre -5% il y a encore trois ans. La distribution d’eau, l’énergie et la fabrication de matériel de transport ont ainsi fini l’année dans le vert, contrairement à la métallurgie et l’industrie des plastiques.

Variables d’ajustement

En fait, le recul de l’emploi est davantage lié à la construction (-1,5% en 2012) et au tertiaire (-0,3% soit 44.000 postes de moins), classiquement créateur d’emplois. En cause: la chute de 11,6% de l’intérim. Pour éviter les suppressions d’emplois, les entreprises ont donc joué sur les variables d’ajustement: le travail temporaire, le non-renouvellement des CDD, la fin des heures supplémentaires. Dans un entre-deux inconfortable, en l’absence de visibilité sur l’avenir économique, elles en sont réduites à espérer le retour de la croissance tout en conservant leur main-d’œuvre permanente. A défaut, elles risqueraient de s’attaquer plus franchement au noyau dur: les CDI. Dans ce cas-là, les salariés devraient également supporter un ralentissement de l’évolution de leur salaire. En 2009, elle était tombée à 1,1%, du jamais vu depuis 1998.