L'Autorité de la concurrence s'inquiète du rachat de Monoprix par Casino

avec AFP

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L'Autorité de la concurrence a émis mercredi des "doutes sérieux" sur le rachat de Monoprix par Casino, s'inquiétant que l'opération conduise à renforcer excessivement la position déjà solide du distributeur stéphanois à Paris.
L'Autorité de la concurrence a émis mercredi des "doutes sérieux" sur le rachat de Monoprix par Casino, s'inquiétant que l'opération conduise à renforcer excessivement la position déjà solide du distributeur stéphanois à Paris. — Miguel Medina AFP

L'Autorité de la concurrence a émis mercredi des «doutes sérieux» sur le rachat de Monoprix par Casino, s'inquiétant que l'opération conduise à renforcer excessivement la position déjà solide du distributeur stéphanois à Paris.

Théoriquement possible, une interdiction de l'opération apparaît peu probable: l'Autorité n'en a jamais prononcé depuis qu'elle a été chargée en 2009 du contrôle des concentrations. En revanche, cela pourrait contraindre Casino à céder un certain nombre des magasins qu'il détient dans la capitale.

Le groupe de Jean-Charles Naouri est en train de finaliser le rachat pour 1,2 milliard d'euros des 50% de Monoprix que détenait les Galeries Lafayette.

La transaction, annoncée en 2012, doit être achevée d'ici octobre. A son issue, Casino détiendra la totalité de l'enseigne de centre-ville, qui exploite plus de 400 points de vente en France, sous les enseignes Monoprix, Inno, Monop', Dailymonop, Monop'station, BeautyMonop et Naturalia.

L'Autorité avait déjà jugé début 2012, avant le début de la prise de contrôle, que Casino possédait un nombre de magasins très important dans Paris pouvant porter atteinte à la concurrence. Mercredi, elle a estimé que ce rachat «soulevait des doutes sérieux d'atteintes à la concurrence et nécessitait l'ouverture d'une phase d'examen approfondie».

Il «risque d'entraîner un renforcement significatif de la position concurrentielle» de Casino dans plusieurs zones de chalandise à Paris, compte tenu de la présence dans ces zones, aux côtés de magasins Monoprix, de plusieurs magasins aux enseignes du groupe Casino (Casino, Franprix, Leader Price), estime l'Autorité.

Légalement, l'ensemble de cette procédure doit s'effectuer dans un «délai de 65 jours ouvrés» à compter de la date d'ouverture de cette deuxième phase, mais ce délai peut être «allongé si nécessaire, par exemple pour mener à bien la finalisation d'engagements ou pour tenir compte de la survenance d'un fait nouveau», a précisé l'Autorité. Casino s'attend pour sa part à une décision «dans le courant de l'été».