Renault pourrait servir de modèle

Bertrand de volontat

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Dans l'usine Renault de Maubeuge.
Dans l'usine Renault de Maubeuge. — M. LIBERT / 20 MINUTES

Alors que le gouvernement vient d'entériner son projet de loi de modernisation du marché du travail, les syndicats et la direction de Renault sont sur le point de signer un accord de compétitivité portant sur les usines françaises du constructeur automobile. Comment en est-on arrivé à cet accord ? Le groupe a tout d'abord accepté une mobilité de ses salariés entre les usines, sur la base du volontariat seulement. La direction s'est engagée à « une activité minimum » de 710 000 véhicules fabriqués en France par an, contre 532 000 en 2012. Elle s'est aussi donné comme cible un volume de 820 000 passé 2020 et elle s'est engagée à rapatrier des productions assurées au Portugal et en Turquie.

En contrepartie, Renault a assuré que les sites français seraient sauvés.Les effectifs vont toutefois diminuer de plus de 15 % d'ici à la fin 2016, via le non-remplacement des départs à la retraite – soit 8 260 emplois supprimés en France mais sans plan social –, en plus d'un gel des salaires en 2013. Enfin, Carlos Ghosn, le PDG, a accepté de renoncer provisoirement à 30 % de la part variable de sa rémunération. Tous les sites de production vont aussi s'aligner sur un temps de travail de 35 heures.

L'accord Renault pourrait servir de modèle, afin d'éviter les éventuels plans sociaux à venir. Le Medef se félicite d'« un accord qui reprend dans les grandes lignes l'accord gouvernemental ». Il sera applicable « au moment adéquat pour les entreprises de plus de 50 salariés », poursuit l'organisation patronale.