Un exercice de sauvetage des retraites

Mathieu Bruckmüller

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Les syndicats (ci-dessus le 5 mars) ont jusqu'à la fin du mois pour trouver un accord.
Les syndicats (ci-dessus le 5 mars) ont jusqu'à la fin du mois pour trouver un accord. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Faire « des choix courageux » pour assurer « l'avenir de nos régimes de retraite ». En déplacement à Dijon (Côte-d'Or), mardi, le président de la République a annoncé la couleur. Alors que les régimes complémentaires du privé ont besoin de 10, 5 milliards d'euros d'ici à 2017, les partenaires sociaux se retrouvent à nouveau mercredi pour les rééquilibrer. Ces derniers sont pénalisés par la baisse des recettes liée à la hausse du chômage et par un afflux de baby-boomers qui quittent la vie professionnelle. Dans tous les cas, les négociations doivent aboutir avant la fin mars pour que les nouveaux niveaux de cotisations et de prestations s'appliquent au 1er avril. Faute de quoi, l'accord de 2011 restera en vigueur, creusant alors les déficits des retraites complémentaires.

Hausse des cotisations


Mais les discussions sont ardues. La validation d'une désindexation partielle des pensions semble acquise. C'est-à-dire, les revaloriser, mais en dessous du niveau de l'inflation, soit 1, 8 %. Le patronat propose un point de moins sur les trois prochaines années avec à la clé 2, 2 milliards d'euros d'économies par an. «On s'attaque au niveau de vie des retraités», tonne Danièle Karniewicz de la CFE-CGC, qui souhaiterait limiter la désindexation à deux ans. Mais en contrepartie, le Medef serait prêt à une hausse, limitée des cotisations acquittées par les employeurs, à hauteur de 60 %, et par les salariés, pour 40 %. En effet, l'organisation craint un alourdissement du coût du travail au moment où le gouvernement a accordé aux entreprises une baisse de charges de 6 % pour doper leur compétitivité.

Le compromis des partenaires sociaux aura valeur de test pour la réforme du régime de base, prévue en 2013 et dont le trou atteindra 20 milliards d'euros d'ici à 2020. Les partenaires sociaux déminent ainsi le terrain pour l'exécutif, qui ne manquera pas de s'en inspirer pour l'appliquer à l'ensemble des salariés du public et du privé. « Nous sommes sous observation étroite », reconnaît ainsi Danièle Karniewicz.