Comment le gouvernement compte réduire le déficit des prestations familiales

ALLOCATIONS Baisser les allocations de plus hauts revenus et abaisser le plafond du quotient familial sont les deux idées du gouvernement...

Bertrand de Volontat

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Une caisse d'allocations familiales (CAF) à Paris, en 2013.
Une caisse d'allocations familiales (CAF) à Paris, en 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

2,2 milliards d’euros, c’est la somme qu’il faudra trouver pour réduire le déficit de la Cnaf (Caisse nationale des allocations familiales). C’est ce qu’estime le rapport du Haut Conseil de la famille, révélé par Les Echos ce lundi. Comment réaliser cette économie sur les prestations familiales d’ici 2016? Le HCF n’a encore rien dévoilé.

Toutefois, le quotidien économique évoque ce mardi les pistes à l’étude. Ces dernières devraient favoriser les moins bien lotis aux dépens de la classe moyenne et des plus aisés qui bénéficient tous deux largement de la politique familiale pour l’heure, à en croire le rapport du HCF.

2,3 milliards d’économies avec un plafond du quotient familial à 1.000 euros

La première piste, dans cette logique, s’appliquerait à diviser par deux les allocations à partir du seuil de la Paje (la prestation d’accueil du jeune enfant). Le plafond de ressources de la Paje se situe pour trois enfants à 50.140 euros par an pour un couple avec un seul revenu, 61.335 pour un couple avec deux revenus. Plafonner les allocations en fonction du revenu éviterait notamment leur fiscalisation. 890.000 ménages sur cinq millions de bénéficiaires verraient ainsi les allocations fondre de moitié, permettant une économie de cinq milliards. Trois quarts d’entre eux se situent dans les 20% des plus hauts revenus.

Autre piste, celle de la réduction universelle du montant des prestations versées, tout en relavant celui des prestations sous conditions, protégeant ainsi les plus modestes.

La seconde piste serait l’abaissement du plafond du quotient familial à 1.500 euros. Il permettrait de rapporter 1 milliard d’euros également. Le document de travail gouvernemental indique qu’en le ramenant à 1.000 euros, le gain serait de 2,3 milliards d’euros, mais une trop large part de la population serait touchée. Le risque noté par le rapport serait que les familles d’un seul enfant soient affectées par ce scénario.

Dernière idée: le quotient familial serait abaissé en fonction des allocations versées. Mais l’effet serait trop important, puisque les économies dégagées seraient de l’ordre de 6,7 milliards d’euros. De quoi voir venir.