Itinérance: Free devra se passer du réseau d'Orange à partir de 2018

TELEPHONIE L'Autorité de la concurrence a l'a indiqué lundi dans un avis rendu public...

C.P. avec AFP
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L'accord d'itinérance qui permet au quatrième opérateur mobile français, Free, d'utiliser le réseau d'Orange pour ses clients, ne doit pas aller au-delà de son échéance prévue en 2018, a estimé lundi l'Autorité de la concurrence.
L'accord d'itinérance qui permet au quatrième opérateur mobile français, Free, d'utiliser le réseau d'Orange pour ses clients, ne doit pas aller au-delà de son échéance prévue en 2018, a estimé lundi l'Autorité de la concurrence. — Afp Photo AFP

Un coup de pouce qui ne doit pas trop durer. C'est ainsi que l'Autorité de la concurrence a jugé lundi l'accord d'itinérance  qui permet au quatrième opérateur mobile français d'utiliser le réseau d'Orange pour ses clients.

«Risques concurrentiels»

L'Autorité considère que «l'itinérance dont bénéficie Free a permis d'animer la concurrence dès son entrée sur le marché» en janvier 2012, mais qu'«elle doit cependant être bornée dans le temps».

«Elle doit rester transitoire car elle présente des risques concurrentiels», ajoute l'Autorité, qui préconise un arrêt en «2016 ou 2018».

L'accord a permis à Free d'offrir très rapidement une couverture sur l'ensemble du territoire grâce au réseau d'Orange, le temps pour le quatrième opérateur de déployer son propre réseau. Un coup de pouce payé au prix fort: : 500 millions d’euros en 2012, et plus d’un milliard d’euros cumulé sur trois ans, selon les estimations d’Orange.

 Le gouvernement avait saisi l'Autorité de la concurrence début novembre pour que cette dernière se penche sur cet accord d'itinérance dont l'échéance est prévue en 2018.

Les investissements de Free sous surveillance

Pour s'assurer que ce calendrier sur l'itinérance soit tenu, l'Autorité suggère que l'Arcep, l'autorité de régulation des télécoms, vérifie «sans attendre que Free est sur une trajectoire d'investissement compatible avec les obligations de sa licence», autrement dit qu'il tient ses prévisions.

L'Autorité de la concurrence estime du reste «nécessaire l'intervention conjuguée des autorités de concurrence et de régulation pour encadrer l'itinérance: préciser sa durée, régler les modalités de son extinction».

Cet accord d'itinérance a été critiqué par d'autres opérateurs, SFR saisissant même la Commission européenne pour qu'elle l'examine.

«Ce type d’accord a un mérite du point de vue de l’ouverture du marché, mais il doit être cantonné dans le temps et l’espace. Permettre à un quatrième opérateur de se développer sans consentir les mêmes investissements que les autres, ça revient à lui faire courir un 100m avec des chaussures de sport alors que les autres sont en chaussure de ski. Tout le monde doit avoir les mêmes chaussures», expliquait en janvier dernier Didier Casas, secrétaire général de Bouygues Telecom, appelant de ses voeux le non-renouvellement du contrat. Le voilà exaucé.