Après les «Pigeons», les «Autruches» donnent de la voix

ENTREPRENEURIAT Un nouveau mouvement d’entrepreneurs lancé il y a une dizaine de jours part en guerre contre «la jungle administrative» et la paperasse qui freinent leur activité au quotidien...

Claire Planchard

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Après les «Pigeons», des entrepreneurs lancent le mouvement des «Autruches».
 
Après les «Pigeons», des entrepreneurs lancent le mouvement des «Autruches».   — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Les noms d’oiseaux, les entrepreneurs aiment ça. Après le mouvement «Geonpi» («Pigeons») né à l’automne sur les réseaux sociaux pour protester contre le projet de taxation de plus-values sur les cessions de parts de capital, voici que les «Autruches» sont apparues sur Twitter le 28 février pour dénoncer les lourdeurs de l’administration française.

Contrairement aux «Pigeons» qui en avaient assez de se faire plumer par le fisc, les «Autruches», elles, en ont marre de devoir «garder la tête dans le sable»: «En discutant avec plusieurs entrepreneurs aux activités très différentes, nous nous sommes aperçus que nous avions tous exactement le même problème: le seul moyen que nous avons trouvé pour passer plus de temps à travailler c’est de faire comme si cette complexité et ces absurdités administratives n’existaient pas. Et de croiser les doigts pour que rien de grave nous arrive. Comme des autruches», expliquent Robin Berjon et Yael Azoulay, les deux porte-parole du mouvement.

Des propositions pour «sortir la tête du sable»

Pour sortir les la tête du sable, ce groupe fondateur de «5-6 personnes » a donc décidé de se faire entendre sur les réseaux sociaux. Au programme: ni logo, ni statut d’association, mais une page Facebook, un profil twitter et surtout un manifeste assorti d’une pétition portant une série de propositions concrètes pour simplifier le quotidien des chefs d’entreprises.

Parmi elles, rien moins que la suppression du Régime social des indépendants. «Il ne s’agit pas d’arrêter de payer des charges mais de basculer sur le régime général», précise Robin Berjon. Autre proposition: la suppression des niches fiscales pour une imposition égalitaire. «Aujourd’hui, le taux d’imposition varie de 30% sur une TPE à 8% sur une entreprise du CAC 40 qui a les moyens d’optimiser sa fiscalité alors que normalement l’impôt est censé être progressif», détaille le porte-parole.

Pour renforcer son appel, le collectif lancera lundi un blog afin de recueillir les doléances des entrepreneurs. Mais il revendique déjà des centaines de messages de soutien d’entrepreneurs perdus qui pensaient être seuls dans leur malheur. «Comme il y a des millions d’entreprises créées en France, ceux qui n’y arrivent pas ont toujours tendance à penser que c’est d’eux que vient le problème», résume Robin Berjon. «Les Autruches» vont les aider à relever la tête.