Belgique: Démission du ministre des Finances

ECONOMIE Steven Vanackere, 49 ans, a annoncé sa démission en milieu de matinée lors d'une conférence de presse...

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Le ministre belge des Finances Steven Vanackere, mis en cause dans un possible conflit d'intérêt lié à la banque Belfius, a démissionné mardi de manière inattendue mais a immédiatement été remplacé par un universitaire peu connu du grand public, Koen Geens.
Le ministre belge des Finances Steven Vanackere, mis en cause dans un possible conflit d'intérêt lié à la banque Belfius, a démissionné mardi de manière inattendue mais a immédiatement été remplacé par un universitaire peu connu du grand public, Koen Geens. — Laurie Dieffembacq BELGA

Le ministre belge des Finances Steven Vanackere, mis en cause dans un possible conflit d'intérêt lié à la banque Belfius, a démissionné mardi de manière inattendue mais a immédiatement été remplacé par un universitaire peu connu du grand public, Koen Geens.

Steven Vanackere, 49 ans, a annoncé sa démission en milieu de matinée lors d'une conférence de presse. Le Premier ministre, le socialiste francophone Elio Di Rupo a dit avoir appris «avec regret» le départ de son vice-Premier ministre, chef de file au gouvernement du parti chrétien-démocrate flamand CD&V.

Le président du CD&V, Wouter Beke, a également surpris les observateurs en choisissant comme successeur à Steven Vanackere un professeur de droit de l'université catholique flamande de Louvain (KUL), Koen Geens.

A 55 ans, ce spécialiste du droit financier et des entreprises né dans la région d'Anvers (nord) entre en politique directement à un poste clé, tandis que la Belgique se prépare à de nouvelles mesures d'austérité pour réduire le déficit de ses comptes public.

S'il n'a jamais été élu, cet avocat gravite néanmoins depuis plusieurs années dans la sphère des démocrates-chrétiens flamands. De 2007 à 2009, il a été chef de cabinet du chef du gouvernement régional flamand, le CD&V Kris Peeters et il dirige actuellement le projet «Flandre en action», qui vise à faire de la Flandre l'une des régions les plus dynamique d'Europe à l'horizon 2020.

En présentant sa démission devant la presse, Steven Vanackere a «récusé toute faute» dans l'affaire liée au rachat d'avoirs détenus par le Mouvement ouvrier chrétien flamand (ACW), un organisme lié à l'aile gauche des chrétiens-démocrates dont il est proche, par la banque nationalisée Belfius.

Mais il a estimé que les «insinuations» à son encontre ne lui permettait pas de rester au gouvernement. «Le climat de méfiance créé par cette affaire me gêne dans mon travail et porte atteinte à l'intérêt du pays. Cela dépasse ce que personnellement je peux encaisser», a-t-il expliqué.

En janvier, la banque nationalisée Belfius (ex Dexia Banque Belgique), avait annoncé avoir racheté pour 110 millions d'euros les parts bénéficiaires que l'ACW et son pendant francophone, le MOC, détenaient dans Belfius Assurances et Belfius Banque.

La majeure partie de cette somme a été réinvestie par les deux organismes dans un emprunt émis par Belfius devant leur rapporter 6,25% d'intérêt, auxquels devaient discrètement s'ajouter un bonus de 1,5%.

Ces pratiques s'apparentant à de l'ingénierie financière mises en œuvre par l'ACW, qui chapeaute une série d'organismes liés à la mouvance chrétienne (dont le premier syndicat belge CSC et la Mutualité chrétienne), avaient été dénoncées fin février par le principal parti d'opposition en Flandre, la formation indépendantiste Nouvelle alliance flamande (NVA, droite).

Selon la N-VA, classée à droite, le ministre CD&V aurait utilisé de l'argent public, via Belfius, pour financer des organismes défendant plutôt des positions de gauche.

La démission de M. Vanackere constitue en tout cas «une victoire symbolique pour la N-VA», donnée en tête par les sondages en Flandre à un peu plus d'un an des prochaines législatives, prévues en mai 2014, a estimé le politologue Pascal Delwit.

Le CD&V ne pouvait se permettre de se présenter face aux électeurs avec un important ministre sous le feu des critiques, a-t-il souligné.

La première tâche de Koen Geens sera de participer dans les prochains jours à un ajustement du budget 2013, durant lequel quelque deux à trois milliards d'euros supplémentaires devront être trouvés, alors que le gouvernement a déjà pris des mesures d'assainissement de plus de 17 milliards depuis son entrée en fonction fin 2011.