Chine: croissance toujours, mais priorité aux ménages

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La Chine s'est fixée un objectif de croissance "raisonnable" de 7,5% pour 2013 et compte pour cela sur une stimulation de la consommation des ménages et la transformation "accélérée" de son modèle économique, a annoncé mardi devant le Parlement le Premier ministre sortant Wen Jiabao.
La Chine s'est fixée un objectif de croissance "raisonnable" de 7,5% pour 2013 et compte pour cela sur une stimulation de la consommation des ménages et la transformation "accélérée" de son modèle économique, a annoncé mardi devant le Parlement le Premier ministre sortant Wen Jiabao. — Goh Chai Hin AFP

La Chine s'est fixée un objectif de croissance "raisonnable" de 7,5% pour 2013 et compte pour cela sur une stimulation de la consommation des ménages et la transformation "accélérée" de son modèle économique, a annoncé mardi devant le Parlement le Premier ministre sortant Wen Jiabao.

Ouvrant la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP, parlement), M. Wen a tiré le bilan des cinq dernières années à la tête du gouvernement et fixé les objectifs pour 2013, "année où nous allons jeter de solides bases pour l'avènement de société de moyenne aisance", selon les voeux du dernier congrès de Parti communiste chinois (PCC) en novembre.

Prenant acte du ralentissement mondial en raison de la crise financière internationale --"la plus grave crise que nous ayons connue depuis un siècle"--, Wen Jiabao a fixé l'objectif d'"une croissance de 7,5% environ", accompagnée d'une hausse des prix de 3,5% et d'"un taux de chômage déclaré inférieur à 4,6% grâce à la création de 9 millions d'emplois".

La croissance 2013 en Chine sera donc proche de celle de l'an dernier (7,8%), la plus faible de ces 13 dernières années, où elle courrait en moyenne à plus de 10%.

Wen Jiabao, qui doit passer la main à Li Keqiang à la fin de la session de l'ANP, a justifié cet objectif notamment par "le taux d'épargne élevé" en Chine.

Mais il faut pour cela que "le plus grand pays en voie de développement du monde" s'appuie désormais sur "l'élargissement de la demande intérieure", car "c'est en la consommation que réside tout le potentiel" de cette demande.

Développer la consommation

A cette fin, a-t-il dit, la Chine doit "surtout améliorer le pouvoir d'achat" de ses habitants, voir "renforcer le goût de consommer", tout en "continuant à appliquer un politique budgétaire de relance", mais avec un déficit de "2% environ" et donc "en sûreté".

"C'est ainsi que la consommation pourra fournir une force motrice de plus en plus puissante pour la croissance économique", a assuré le chef du gouvernement dans un discours de près de deux heures et 32 pages.

"Actuellement, nous n'en sommes qu'au début de la reprise économique donc, pour un nouveau gouvernement, le maintien de la priorité à la relance de l'économie intérieure reste une priorité", a commenté Sun Junwei, analyste à Pékin pour la banque britannique HSBC.

Wen Jiabao n'a pas caché une certaine inquiétude envers "les principaux pays développés (qui) ne cessent d'intensifier leur politique monétaire expansioniste, ce qui entraîne un risque d'inflation importée non négligeable".

Une inquiétude guère partagée par l'analyste de HSBC, selon qui les prix ne risquent guère de déraper cette année du fait du caractère "relativement modéré" de la relance. Selon elle, l'inflation devrait tourner autour de 3%.

Fixée à 3,5% pour 2013, elle était de 2,6% l'an dernier.

Wen Jiabao a encore évoqué la réforme de la fiscalité chinoise, et notamment "la transformation de l'impôt sur le chiffre d'affaires en TVA".

Décidée à "promouvoir énergiquement le changement du mode de développement économique" et à "accélérer la restructuration industrielle", la Chine dispose pour cela d'"une marge de manoeuvre énorme", selon Wen Jiabao.

Mais elle manque de technologies, souffre de "surcapacités de production" et de la "faible valeur ajoutée des produits" qu'elle fabrique.

Fusions-acquisitions et regroupements d'entreprises seront ainsi "encouragés", tandis que le marché et la concurrence se chargeront "d'éliminer les +canards boîteux+", selon son discours.

Appelant à "perfectionner le système d'économie de marché socialiste", Wen Jiabao a souhaité mettre sur le même pied "l'économie publique" et privée: "Nous créérons, a-t-il promis, un environnement institutionnel qui permette aux divers régime de propriété d'accéder (...) sur un pied d'égalité (...) à la concurrence sur le marché et de bénéficier au même titre de la protection de la loi".

A côté d'engagements anti-corruption et en faveur d'une "économie verte" et moins polluante, Wen Jiabao a appelé à "renforcer le contrôle sur le marché immobilier" et à "décourager fermement l'achat de logements à des fins de spéculations ou de placement".

Il a crédité son bilan depuis 2007 de plusieurs succès: "Le volume global du commerce extérieur a augmenté de 12,2% par an en moyenne".

Le "montant réellement utilisé des investissements étrangers" durant cette période a été de 552,8 milliards de dollars.

Le "volume des investissements chinois directs et non financiers à l'étranger" est passé de 24,8 milliards de dollars en 2007 à 77,2 milliards en 2012", soit un taux d'augmentation de 25,5% par an.

Wen Jiabao a conclu son discours sur "la lumière radieuse" qui pointe selon lui à l'horizon de la "voie du socialisme à la chinoise".