Lloyds reste dans le rouge mais n'oublie pas les bonus

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Comme RBS, Lloyds Banking Group (LBG), autre banque sauvée par l'Etat britannique durant la crise, est restée dans le rouge en 2012, plombée par les scandales entachant la City, mais a décidé de récompenser son patron et ses troupes pour la réduction des pertes en leur attribuant des bonus.
Comme RBS, Lloyds Banking Group (LBG), autre banque sauvée par l'Etat britannique durant la crise, est restée dans le rouge en 2012, plombée par les scandales entachant la City, mais a décidé de récompenser son patron et ses troupes pour la réduction des pertes en leur attribuant des bonus. — Carl Court AFP

Comme RBS, Lloyds Banking Group (LBG), autre banque sauvée par l'Etat britannique durant la crise, est restée dans le rouge en 2012, plombée par les scandales entachant la City, mais a décidé de récompenser son patron et ses troupes pour la réduction des pertes en leur attribuant des bonus.

La banque, dont l'Etat britannique détient 39% du capital, a annoncé vendredi avoir essuyé une perte nette de 1,427 milliard de livres (environ 1,6 md EUR) l'an dernier, un montant toutefois réduit par rapport à la perte de 2,787 milliards de 2011.

Quatre ans après sa naissance dans la douleur dans le cadre de la fusion bénie par l'Etat entre Lloyds TSB, alors florissante, et HBOS (Halifax-Bank of Scotland), criblée de créances «toxiques», destinée à sauver cette dernière, LBG peine à se rétablir.

La banque continue à traîner les casseroles des scandales entachant la City.

Ses comptes ont en effet été plombés l'an dernier par 3,575 milliards de provisions destinées à faire face aux litiges concernant les ventes forcées d'assurance-crédit PPI.

Ces nouvelles provisions portent sa facture totale à 6,775 milliards, la plus élevée de toutes les banques britanniques dans ce scandale qui est le plus coûteux ayant jamais touché la City.

LBG a en outre mis 400 millions de livres de côté afin de rembourser des PME auxquelles elle a vendu abusivement des produits de couverture contre les variations de taux d'intérêts.

A la Bourse de Londres, LBG cédait 3,84% à 52,37 pence vers 10h00 GMT.

Malgré cette perte, la banque a décidé d'attribuer un bonus de 1,485 million de livres en actions à son directeur général António Horta-Osório, «en reconnaissance de la performance du groupe en 2012».

Ce bonus est toutefois soumis à certaines conditions, car il ne sera versé que si le prix de l'action atteint 73,6 pence durant «une période donnée» ou si le gouvernement a vendu au moins 33% de sa part à plus de 61 pence par titre, et ne sera payé qu'en 2018.

Le montant total des bonus payés aux salariés du groupe s'établit à 365 millions de livres pour 2012, un chiffre en baisse d'environ 3% par rapport à 2011.

«Bien que Lloyds Banking Group continue de restreindre ses bonus annuels, nous pensons que nos employés doivent être récompensés pour leur contribution au renforcement supplémentaire de notre activité en 2012», a estimé le président du groupe, Winfried Bischoff.

Le groupe ne paiera pas en revanche de dividende à ses actionnaires.

«Les progrès substantiels que nous avons effectués en 2012 font que nous sommes maintenant en avance sur notre plan destiné à transformer le groupe», a commenté pour sa part M. Horta-Osório, en soulignant qu'hors éléments exceptionnels, le bénéfice ajusté avait bondi à 2,607 milliards de livres contre 638 millions en 2011.

LBG espère que sa transformation lui permettra de «redevenir rentable» et de «rembourser l'investissement des contribuables britanniques dans le groupe».

Jeudi, Royal Bank of Scotland (RBS), autre banque sauvée par l'Etat qui en détient plus de 80%, avait annoncé une multiplication de sa perte par trois à près de 6 milliards de livres en 2012, en raison notamment de son amende pour avoir manipulé le taux interbancaire Libor, mais avait tout de même décidé de payer 607 millions de livres de bonus contre 789 millions en 2011.

Reconnaissant que les bonus étaient «durs à avaler» pour la population en ces temps d'austérité, le président de RBS, Philip Hampton, avait toutefois souligné que le marché était «très concurrentiel, très difficile» et que «si vous ne payez pas ce que vous devez payer, vous n'avez pas les meilleurs».