Faut-il créer un CDI dans l'intérim ?

Céline Boff

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Le CDI dans l'intérim existe déjà en Allemagne (photo), en Italie, aux Pays-Bas et en Suède.
Le CDI dans l'intérim existe déjà en Allemagne (photo), en Italie, aux Pays-Bas et en Suède. — CARO / WAECH / SIPA

Les partenaires sociaux discuteront ce vendredi de la création d'un contrat à durée indéterminée (CDI) dans l'intérim. Ce système existe déjà en Italie, en Allemagne, aux Pays-Bas ou encore en Suède. Une bonne idée ?

« Tout est ouvert »


Nil, 36 ans, maçon à Lyon, est partagé. Il a longtemps travaillé en CDI avant d'opter pour l'intérim. «Ce qui me plaît, c'est la liberté. Pouvoir partir en vacances quand je le souhaite. Mais le CDI est toujours fondamental pour acheter ou louer un bien immobilier…». La question divise également les internautes de 20 Minutes. «Cela ressemble à une technique pour éviter que les intérimaires ne partent bosser dans la boîte d'intérim concurrente», estime Geko87. C'est aussi l'avis de Stéphane Lardy, du syndicat FO. Il s'interroge par ailleurs sur la rémunération de ces salariés, lorsqu'ils n'auront pas de mission. «Puisqu'ils seront en CDI, ils n'auront plus accès à l'assurance-chômage…», s'inquiète-t-il. «En matière de rémunération, tout est ouvert», répond François Roux, délégué général du Prisme, le patronat du secteur intérimaire. Et il assure : «Le principe étant que nous maintenions une rémunération pendant les périodes non travaillées.» Mais pas pour tous : ce CDI serait proposé aux «intérimaires dont les compétences sont les plus demandées par le marché». Autrement dit, ceux qui travaillent très fréquemment. Une bonne idée pour l'internaute Shurashnor : «Cela forcerait les agences à s'occuper ou à former ces salariés durant les intercontrats.» Gilles Desbordes, de la CFDT, est également confiant : «La majorité de ceux qui exercent en intérim le font dans l'attente d'un contrat durable et là, nous avons l'opportunité de créer des milliers d'emplois en CDI. Il faut arrêter avec cette tentation de voir le danger partout.» Les partenaires sociaux ont jusqu'à la fin juin pour s'entendre. S'ils n'y parviennent pas, les contrats d'intérim pourraient à leur tour être taxés, comme le seront les CDD.