Quand les demandeurs d'emploi se tournent vers les métiers agricoles

C.B.

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Les agriculteurs français retrouvent le sourire après une année 2009 noire 
Les agriculteurs français retrouvent le sourire après une année 2009 noire  — GILE/SIPA

Has been, l’agriculture? Ce secteur serait au contraire au top de la tendance, notamment auprès des demandeurs d’emploi. Plus d’un chômeur interrogé sur deux (51%) se déclare en effet prêt à se reconvertir dans les métiers agricoles, selon un sondage* réalisé par OpinionWay pour le Fonds d’assurance formation des salariés des exploitations et entreprises agricoles (Fafsea).

Ce qui les séduit? Tout d’abord, les possibilités de recrutement offertes par ce secteur. Car depuis plusieurs années, l’agriculture souffre d’un déficit continu de main d’œuvre, souvent du fait d’un manque d’information sur ces métiers et sur les formations qui permettent d’y accéder.

Tractoristes, ouvriers paysagistes, viticulteurs

Par exemple, l’Auvergne recrute en élevage laitier, l’Aquitaine recherche des chauffeurs mécaniciens, la Bretagne des agents d’exploitation en porc et lait et le Languedoc-Roussillon des agents de cave. Parmi les métiers les plus en tension, on retrouve également les tractoristes, les conducteurs d’engins agricoles, les ouvriers paysagistes ou encore les viticulteurs.

Et les postes proposés sont de plus en plus pérennes. «On constate une amélioration qualitative de l’emploi agricole», explique Jérôme Despey, secrétaire général du Fafsea, «le taux d’employés agricoles en CDI a longtemps eu tendance à stagner, mais -c’est une première- il a augmenté de 11,5% entre 2010 et 2011. Si bien qu’en 2011, près de 272.000 salariés dans le domaine agricole sont en CDI.»

Des formations gratuites

«Ces chiffres reflètent en partie l’apport de la formation, complète Philippe Peuchot, président du Fafsea. L’agriculture évolue vers des postes de plus en plus techniques, impliquant des personnels mieux qualifiés. Ces salariés doivent être fidélisés et le nombre de postes précaires régresse, c’est une bonne nouvelle pour le secteur et pour les salariés.»

Si les demandeurs d’emploi se disent séduits par les métiers agricoles, c’est aussi parce que les formations continues proposées dans ce secteur sont gratuites et ouvertes à tous. Le Fafsea propose en effet de les financer, à travers plusieurs dispositifs. Comme l’Adema (Accès des demandeurs d’emploi aux métiers agricoles), une formation d’un mois, dont trois semaines passées en entreprise, pour découvrir un métier agricole. Environ 3.000 demandeurs d’emploi ont bénéficié de cette formation en 2012. Six mois après la sortie du stage, sept demandeurs d’emploi sur dix sont en contrat de travail ou en formation professionnelle complémentaire, le plus souvent financée par le Fafsea.

*Sondage réalisé du 11 au 17 janvier auprès de 410 demandeurs d’emploi de 18 ans et plus (échantillon national représentatif).