Vers de nouveaux impôts l'an prochain: «2014 devait être l'année de sortie de crise»

INTERVIEW Le gouvernement a beau promettre la «stabilité fiscale» après les fortes hausses d'impôts des dernières années, il sera contraint d'augmenter ou créer certains prélèvements pour dégager, au bas mot, six milliards d'euros en 2014...

Propos recueillis par Bertrand de Volontat

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Le ministère de l'économie à Bercy.
Le ministère de l'économie à Bercy. — JPDN/SIPA

Le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac a admis ce lundi qu'il faudrait trouver «six milliards d'euros de recettes supplémentaires» l'an prochain, ne serait-ce que pour compenser des rentrées d'argent attendues en 2013 mais qui ne se renouvelleront pas au-delà. Jacques Le Cacheux, directeur du département des Etudes de l’OFCE explique à 20 Minutes pourquoi le budget français pour 2014 sera plus lourd que prévu.

Cette annonce de nouvelles économies et nouvelles hausses d’impôts n’est-elle qu’une demie-surprise

Ce n’était pas prévu mais cette annonce s’inscrit dans le processus de révision initié par les prévisions macro publiées par la Commission européenne. Le gouvernement commence peu à peu à réviser afin que Bruxelles laisse la France dépasser ses objectifs de déficit (l’objectif de 3% est repoussé à 2014). Il ne faut pas oublier que nous présentons notre budget 2014 en avril et que ce dernier comprendra donc de nouvelles coupes dans les dépenses mais également de nouvelles recettes fiscales.

Les Français vont donc être directement touchés?

Le contribuable sera évidemment concerné. Les annonces déjà faites sur la fiscalisation des allocations familiales ou encore sur la suppression de la demi-part fiscale étudiante sont la preuve que des pistes sont lancées en prévision du mois d’avril. Mais on ne fera pas 6 milliards avec ça. Il y a également la hausse de la TVA mais il faut savoir si on peut compter sur les fonds que cela va générer ou si elle est déjà actée et qu’il faudra donc chercher des recettes ailleurs.

Ce type d’annonce peut-il encore se répéter?

Le message était, ‘nous faisons l’effort fiscal en 2012-2013, mais après cela c’est fini’. Le message est devenu, ‘nous devions gérer en coupant les dépenses mais finalement on ne va pas y arriver’. Et ces six milliards ne comprennent pas la coupe d’1,5 milliard d’euros en 2014 puis en 2015 dans les collectivités locales.

Ca repousse la sortie de crise de la France?

On peut craindre en effet un éloignement de la croissance. 2014 devait être l’année de sortie de crise. Il n’y aura pas d’impact ou de réaction immédiate sur la consommation des Français mais il pourrait y avoir des conséquences lorsque nous saurons exactement ce qu’il y a dans le budget 2014.