La Russie veut rassurer ses partenaires

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Montrer les dents, puis tendre la main. Samedi, lors d'un sommet Allemagne-France-Russie à Compiègne, le président russe Vladimir Poutine a voulu rassurer ses partenaires. D'abord sur le terrain de l'aéronautique. Le 30 août dernier, la Russie a fait son entrée dans EADS. Ce jour-là, la banque publique Vnechtorgbank met la main sur 5,02 % du groupe européen de défense et d'aéronautique. Une manière pour la Russie de peser sur le pilotage du groupe ? Cet achat « n'est pas le signe d'une attitude agressive », mais une simple « opération bancaire » tempère Vladimir Poutine. Qui appelle tout de même à une « coopération substantielle » avec le géant européen. Pour l'heure, le pacte d'actionnaires franco-allemand ne permet pas à la Russie de se voir ouvrir les portes du conseil d'administration.

Dans le domaine pétrolier, les craintes de la France portent sur Total, qui pourrait perdre sa licence d'exploitation sur le gisement de Khariaga (nord de la Russie). Des « rumeurs fortement exagérées », relativise le président russe. Le ministère russe des Ressources naturelles a pourtant fait savoir jeudi qu'il disposait des « bases légales » pour priver Total de sa licence obtenue en 1995.

Edouard Lederer

La Russie a promis aux Européens qu'elle remplirait ses obligations en matière d'approvisionnement énergétique. L'année dernière, des tensions entre l'Ukraine et la Russie avaient entraîné des coupures dans les livraisons de gaz.