Picard sûr de son succès en Suède malgré le scandale des lasagnes au cheval

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Le distributeur français de surgelés Picard, qui a ouvert comme prévu ce mois-ci deux magasins à Stockholm, en plein scandale de la viande de cheval étiquetée comme boeuf, se dit sûr de son succès en Suède.
Le distributeur français de surgelés Picard, qui a ouvert comme prévu ce mois-ci deux magasins à Stockholm, en plein scandale de la viande de cheval étiquetée comme boeuf, se dit sûr de son succès en Suède. — Eric Piermont AFP

Le distributeur français de surgelés Picard, qui a ouvert comme prévu ce mois-ci deux magasins à Stockholm, en plein scandale de la viande de cheval étiquetée comme boeuf, se dit sûr de son succès en Suède.

Picard fait partie des enseignes qui ont vendu de la viande de cheval fournie par Comigel. Mais ses clients du premier jour n'en font pas tout un plat.

«Je n'ai pas acheté de lasagnes, c'est sûr!», s'amuse Agneta, 52 ans, une des premières à entrer dans la boutique de Sveavägen, une artère commerçante du centre de la capitale suédoise. De toute façon, il n'y en pas en rayon.

Elle sort du magasin avec deux sacs remplis à rabord. «J'ai fait le plein, majoritairement de produits français: des cuisses de canards, des macarons, de bonnes petites choses».

Henrik Strinning, qui supervise l'installation de la chaîne en Suède, accueille les clients à l'entrée avec le sourire.

Selon lui, le scandale de la viande de cheval affecte d'autant moins l'arrivée de la marque en Suède que la procédure de contrôle des produits mise en place par Picard est «la plus stricte dans tout le secteur».

«Ça marche très bien. Les canapés, les desserts et les spécialités françaises comme le canard sont les produits qui partent le mieux», se réjouit M. Strinning. Sans donner de chiffre précis.

«Cette affaire ne change rien à mes achats de surgelés», estime Christina, 35 ans. Venue en voisine, elle est ravie de cette ouverture. «Il y a une gamme de produits sympa, un peu différente, c'est chouette», conclut-elle en déposant ses achats dans la corbeille de sa poussette.

Ultra-moderne, sans décoration sinon de gigantesques écrans proposant des idées de menu ou détaillant les offres du mois, le magasin de Sveavägen est, avec son enfilade de frigos, une copie conforme de ses cousins français. Pour un habitué, le seul dépaysement consiste en quelques produits locaux, tels que les baies, les boulettes de viande et le renne.

Le 13 février, l'ouverture du premier magasin de la chaîne dans un quartier huppé de Stockholm avait réjoui la communauté française de Suède. «Oh mon dieu notre vie va changer!», s'était exclamé, sur la page Facebook de l'ambassade de France, Benjamin Jung, qui se présente sur le réseau social comme un habitant de Stockholm originaire de Compiègne.

Picard se dit voué à réussir son implantation dans un pays où sont consommés deux fois plus de surgelés qu'en France. «Les Suédois sont des gens curieux. Grâce à Picard, ils vont trouver des produits d'excellente qualité à des prix abordables, notamment des matières premières qu'on ne trouve pas au supermarché», s'enthousiasme le cadre local.

«Dans le paysage urbain suédois, nous nous voyons comme une boutique de proximité aux allures d'épicerie fine», souligne-t-il.

Picard veut passer pour une enseigne de qualité qui offre le meilleur de la France, le «pays de la gastronomie». «Les légumes marchent très bien. On les voit parfaitement grâce à l'emballage transparent, et ça, ça parle aux consommateurs», dit-il, pointant du doigt un paquet d'asperges vertes.

Une cinquantaine d'ouvertures en cinq ans sont prévues en Suède, avec un objectif de deux millions d'euros de chiffre d'affaires annuel par boutique.