L’Etat promet 20 milliards d’euros pour que le très haut débit soit accessible à tous d’ici 10 ans

INVESTISSEMENT Les opérateurs qui vont participer à ce financement sont plutôt favorables...

Avec Reuters

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Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, le 20 février 2013
Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, le 20 février 2013 — F. GUILLOT / AFP

Permettre à l'ensemble du territoire français de bénéficier de l'internet à très haut débit d'ici dix ans : tel est l'objectif à 20 milliards d'euros fixé mercredi par l'exécutif français, en application d'une promesse de campagne de François Hollande. Le chef de l'Etat devait illustrer ce thème en rencontrant dans l'après-midi des professionnels du secteur à Clermont-Ferrand, en Auvergne.

Préparer la France de demain

La généralisation du très haut débit figure parmi les éléments jugés essentiels pour préparer la France de demain, thème d'un séminaire sur les stratégies d'investissement qui a dédié aussi 20 milliards pour les investissements des collectivités locales d’ici cinq ans.

«Nous allons mettre en oeuvre un plan de déploiement du très haut débit : près de 20 milliards d'euros d'investissements publics et privés vont être mobilisés pour une période de dix ans», a déclaré Jean-Marc Ayrault au terme d'un déjeuner de travail avec ses ministres consacré aux questions économiques, à l'heure où la France doit réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2013.

Un facteur de croissance

«Ce plan permettra de connecter 100% des foyers au très haut débit d'ici 10 ans», a-t-il ajouté. Un premier objectif de 50% du territoire couvert est fixé pour la fin du quinquennat, en 2017. Aux yeux du Premier ministre, cette «transformation majeure» sera «facteur d'innovation et de croissance pour l'ensemble des filières économiques».

Le projet sera financé à parts égales de trois façons, à raison de plus de six milliards chacune : un tiers par l'argent privé des opérateurs pour les parties rentables en zones dites denses ; un tiers co-financé par les opérateurs et collectivités locales, dans des proportions à définir, dans des zones moins denses mais rentables ; enfin un dernier tiers financé par l'Etat et les collectivités locales.

L'argent public nécessaire sera puisé dans une enveloppe de 20 milliards d'euros née de la hausse du plafond du Livret A destinée à financer des projets d'avenir : très haut débit, infrastructures de transport, eau, assainissement, déchets, rénovation thermique.

Faire de la péréquation


En matière d'accès à internet, «il faut faire de la péréquation, c'est-à-dire établir une forme d'équité entre les territoires où le déploiement du très haut débit n'est pas rentable pour les opérateurs privés et les zones où, en revanche, c'est très rentable, comme les zones urbaines», a expliqué la ministre de l'Economie numérique, Fleur Pellerin. «L'Etat s'engagera à apporter un soutien public aux côtés des collectivités locales et des opérateurs privés pour que nous puissions remplir cet objectif du très haut débit pour tous à horizon 10 ans», a-t-elle ajouté à la sortie du séminaire.

L'ex-président Nicolas Sarkozy avait lancé un projet similaire à 4,5 milliards d'euros financés par le grand emprunt. Il n'avait pu être mis en œuvre en raison de réticences des opérateurs, qui préféraient investir seuls dans les grandes villes. Le cadre réglementaire européen demandait en outre à être finalisé à l'époque.

Opérateurs plutôt favorables

Les opérateurs français seront probablement plus favorables à l'approche proposée par François Hollande, qui leur permet de partager le coût du déploiement dans les zones moins rentables.

Le PDG de France Télécom, Stéphane Richard, s'est déclaré mercredi prêt à soutenir toute démarche visant à accélérer la généralisation de la fibre optique. «Nous sommes des militants du très haut débit, et nos 100.000 collaborateurs en France sont comme une armée pour construire ce réseau», a-t-il dit en conférence de presse. France Télécom compte 176.000 clients abonnés aux offres très haut débit fibre, chiffre qu'elle espère amener à 350.000 cette année.

 Dans le même temps le groupe compte près de 10 millions de clients ADSL, une technologie qui offre des débits plus faibles. Le groupe a investi 257 millions d'euros dans la fibre en 2012, et espère faire davantage cette année.