Le Qatar veut s'offrir le Printemps

COMMERCE Sept ans après son entrée inattendue dans le Printemps, le groupe de l'homme d'affaires italien Maurizio Borletti vient d'engager des négociations exclusives pour mettre la main avec des Qataris sur les 70% de son partenaire Rreef, filiale de Deutsche Bank...

M.B. avec agences

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Sept ans après son entrée inattendue dans le Printemps, le groupe de l'homme d'affaires italien Maurizio Borletti vient d'engager des négociations exclusives pour mettre la main avec des Qataris sur les 70% de son partenaire Rreef, filiale de Deutsche Bank.
Sept ans après son entrée inattendue dans le Printemps, le groupe de l'homme d'affaires italien Maurizio Borletti vient d'engager des négociations exclusives pour mettre la main avec des Qataris sur les 70% de son partenaire Rreef, filiale de Deutsche Bank. — Kenzo Tribouillard AFP

Mais jusqu'où ira le Qatar? Sept ans après son entrée inattendue dans le Printemps, le groupe de l'homme d'affaires italien Maurizio Borletti vient d'engager des négociations exclusives pour mettre la main avec des Qataris sur les 70% de son partenaire Rreef, filiale de Deutsche Bank.

Le groupe Borletti, déjà actionnaire à hauteur de 30% du Printemps, est associé à des investisseurs non identifiés du Qatar dans son projet de reprise, ont précisé mercredi les deux parties dans un bref communiqué commun. Aucun détail n'a été dévoilé sur le contenu de l'offre du groupe italien, ni sur le calendrier des discussions. Une porte-parole a précisé que le comité d'entreprise serait informé en priorité, et que l'avis des autorités de la concurrence serait sollicité.

Aller vite

«L'idée est d'aller relativement vite», a indiqué une source proche du dossier. Selon elle, les fonds gérés par Rreef --filiale de gestion d'actifs immobiliers de Deutsche Bank-- ont prévu de sortir du capital du Printemps au plus tard au cours du second semestre 2014 et Borletti disposait d'un droit de préemption sur sa participation «qu'il n'a pas eu besoin d'activer».

Le Printemps, qui dispose de 16 magasins en France, dont son vaisseau amiral Printemps-Haussmann sur les Grands Boulevards parisiens, avait été cédé en octobre 2006 par PPR sur la base d'un prix des actifs de 1,075 milliard d'euros. Les deux partenaires disposent d'une parité des droits de vote. Depuis ce rachat, le chiffre d'affaires du groupe a bondi de 30% pour atteindre 1,45 milliard d'euros en 2011, son résultat opérationnel a été multiplié par deux. Quelque 350 millions d'euros d'investissements, dont 150 millions à Haussmann, ont été effectués. Trois nouveaux magasins doivent ouvrir dans les prochaines années, notamment à Saint-Jean de Cagnes (Alpes-Maritimes) en 2014 et Marseille, et des projets sont aussi en préparation à Haussmann. Le plan de rénovation sur cinq ans lancé après l'acquisition en 2006 s'est accompagné d'une montée en gamme de l'offre, plus axée sur le luxe et les accessoires, ainsi que d'une réduction des coûts.

Grand potentiel de développement

Maurizio Borletti, héritier de la famille fondatrice de la chaîne italienne de grands magasins La Rinascente, considère qu'il y a encore «un grand potentiel de développement, beaucoup de projets sont à l'étude», a indiqué la source proche. Le magazine Challenges avait rapporté en décembre que le groupe familial Galeries Lafayette, l'un des principaux concurrents du Printemps et son voisin boulevard Haussmann, préparait une offre de rachat pour 1,6 milliard d'euros.Maurizio  Borletti avait à l'époque fait savoir qu'il n'avait reçu aucune offre et qu'il n'était pas intéressé à vendre sa participation.

Un tel rapprochement poserait sans doute problème au niveau de l'autorité de la concurrence à cause de duplicatas d'implantations en province ainsi qu'à Haussmann. Sans parler des probables doublons au niveau des effectifs, en particulier dans les fonctions administratives. Egalement en décembre, le vice-président du groupe immobilier chinois Wanda, Zhanghong Hu, avait déclaré au quotidien économique Les Echos: «si le Printemps est à vendre, ça nous intéresse». Mais, dans les jours suivants, Wanda avait assuré ne pas avoir de projet concernant la chaîne française.

Le groupe Printemps emploie actuellement 4.000 personnes (5.300 en 2006). Depuis 2006, les murs de sept magasins sur 16 ont été cédés: Vélizy, Rennes, Marseille, Rouen, Strasbourg, Toulon et Lille. Le groupe est locataire du magasin de l'Homme à Haussmann, mais il est propriétaire de tous les autres murs.