Jean-Marc Ayrault à Paris le 18 décembre 2012.
Jean-Marc Ayrault à Paris le 18 décembre 2012. — WITT/SIPA

BUDGET

L’heure est au serrage de ceinture pour l’exécutif

Jean-Marc Ayrault convie ses ministres ce midi pour parler rigueur...

Pas de répit pour les économies. Après avoir fait porter l’essentiel du redressement des comptes publics sur les hausses d’impôts, près de 30 milliards d’euros en 2013, le gouvernement va devoir se serrer la ceinture.

Equation budgétaire périlleuse

Alors que François Hollande a définitivement enterré mardi en déplacement à Athènes la prévision de croissance de 0,8% pour 2013 et du même coup l’objectif de 3% de déficit et à l’approche, vendredi, des prévisions économiques de la Commission européenne concernant la France, Jean-Marc Ayrault convie ses ministres pour un déjeuner de travail afin de trouver des pistes pour qu’ils se serrent la ceinture. En effet, le ralentissement de l’activité qui pourrait comme en 2012 voir le PIB stagner, va entraîner une baisse des rentrées fiscales de plusieurs milliards d’euros.

De quoi rendre l’équation budgétaire très compliquée. Le projet de Loi de Finances pour cette année prévoyait déjà 10 milliards d’euros d’économies pour l’Etat auxquels se sont ajoutés cinq milliards supplémentaires pour financer la montée en charge du pacte de compétitivité en 2013 et 10 milliards d’euros en 2014

Lettres de cadrage anticipées

Dans ce contexte, les ministres recevront leur lettre de cadrage, non pas fin juin comme l’an dernier, mais dans les deux semaines à venir. Ils savent déjà que les crédits alloués par Bercy vont baisser d’au moins quatre milliards d’euros.

Selon les informations d’Europe 1, Matignon économisera 39 millions d’euros, le ministère des Transports 205 millions d’euros, le ministère de l’Economie 185 millions d’euros, le ministère de la Culture 67 millions d’euros, le ministère des Affaires étrangères 56 millions d’euros et le ministère du Travail: 5 millions d’euros dont un million sur le budget communication et 600.000 euros sur le service d’études.

Révision des politiques publiques

Mais le gros des restrictions viendra de l’exécutif qui entend économiser 70 milliards d’euros d’ici cinq ans, avec la modernisation de l’action publique (MAP), le relais de la révision générale des politiques publiques (RGPP) marquée par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

A coups d’audits (40 dans le cadre de la MAP), le gouvernement veut revoir l’ensemble des dépenses de l’administration, de la Sécurité sociale et des collectivités locales. Outre une réduction de 4,5 milliards d’euros, de leurs dotations, une révision des aides aux entreprises (60 et 100 milliards d’euros par an), les Français ne pourront pas échapper à une nouvelle réforme des retraites (20 milliards d’euros de déficit d’ici à 2020), de l’indemnisation chômage et des prestations familiales.