Air France-KLM commence à se redresser

AERIEN Air France-KLM présentera vendredi des résultats encore dans le rouge pour l'exercice 2012 mais le groupe aérien montre des signes de redressement...

© 2013 AFP

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Air France-KLM présentera vendredi des résultats encore dans le rouge pour l'exercice 2012 mais le groupe aérien montre des signes de redressement grâce à sa profonde restructuration initiée il y a un an, estiment les analystes.
Air France-KLM présentera vendredi des résultats encore dans le rouge pour l'exercice 2012 mais le groupe aérien montre des signes de redressement grâce à sa profonde restructuration initiée il y a un an, estiment les analystes. — Frank Perry AFP

Air France-KLM présentera vendredi des résultats encore dans le rouge pour l'exercice 2012 mais le groupe aérien montre des signes de redressement grâce à sa profonde restructuration initiée il y a un an, estiment les analystes.

La perte d'exploitation du groupe franco-néerlandais, deuxième en Europe derrière l'allemand Lufthansa avec 77,4 millions de passagers transportés l'an passé, devrait être de l'ordre de 334,6 millions d'euros et la perte nette ajustée de 726,5 millions, selon un consensus d'analystes interrogés par l'agence Bloomberg.

En 2011, Air France-KLM avait accusé une perte d'exploitation de 353 millions, contre un bénéfice de 28 millions en 2010, et une perte nette de 809 millions d'euros, contre un bénéfice net de 289 millions.

«On a constaté une moindre dégradation puis une amélioration des résultats» au fil de l'année 2012, résume Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities, soulignant que les efforts du groupe pour retrouver de la compétitivité dans un secteur ultra-concurrentiel semblent porter leurs fruits.

Mi-janvier 2012, Air France-KLM, au bord du gouffre, dévoilait son plan Transform 2015 avec l'objectif majeur d'abaisser ses coûts de deux milliards d'euros à la fin de 2014 tout en réduisant sa dette de deux milliards pour la ramener à 4,5 milliards.

Depuis, il a remis à plat l'organisation du travail de ses salariés pour renforcer leur productivité, en particulier sur le réseau moyen-courrier le plus en difficultés face à des compagnies à bas prix des plus offensives.

En 2011, la perte opérationnelle du moyen-courrier s'élevait en effet à 700 millions d'euros dont 500 millions pour Air France. Sur ce segment, le groupe vise un retour à l'équilibre à la fin de l'année prochaine.

Air France-KLM a parallèlement refondé son offre avec une stratégie de montée en gamme sur le long-courrier --réseau le plus rémunérateur-- et de baisse de prix sur le court et le moyen-courrier.

Dernière annonce en date, le regroupement d'Airliner, Brit Air et Regional, les trois compagnies régionales du groupe Air France, au sein d'un même transporteur baptisé HOP! pour reconquérir la clientèle avec une offre simplifiée.

«Ce qui a été entrepris en terme de réorganisation est très ambitieux», souligne Pierre Boucheny, analyste chez Kepler Capital Markets, en relevant que nombre d'experts étaient circonspects au moment de l'annonce du plan.

«Nous ne cachions pas une certaine incrédulité sur la capacité de la direction d'imposer aux employés de tels changements sans conflit. Apparemment, nous avons sous-estimé la capacité du groupe et surtout de ses employés à se remettre en question», reconnaît CM-CIC Securities dans une note.

Transform 2015 prévoit la suppression de 5.122 postes équivalents temps plein à fin 2013, sans départs contraints, dont 2.767 parmi les salariés au sol.

«Une dynamique vertueuse se met progressivement en place (...) La profonde réflexion entamée par le groupe autour de son offre produit sera un facteur clé d'amélioration de ses performances futures», estime en outre la banque.

Pour autant, CM-CIC Securities note que «les obstacles ne manqueront pas sur la route du redressement, les principaux seront le contexte économique européen déprimé, la concurrence obstinée des compagnies low-cost mais aussi désormais des compagnies du Golfe», en particulier, Emirates.

Sur ce point, Air France-KLM a noué en octobre un partenariat commercial avec Etihad qui permet aux deux groupes d'offrir plus de destinations en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et en Australie.

Parallèlement, il a signé un accord commercial avec Air Berlin, deuxième compagnie allemande et sixième européenne, dont Etihad est le principal actionnaire.