Arthur délocalise ses affaires au Luxembourg

MÉDIA elon Mediapart, l’opération recèle plusieurs avantages, même si l’animateur dément tout exil fiscal...

M.B.

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Le comédien Arthur en spectacle à l'Olympia. Paris, le 28 mars 2008.
Le comédien Arthur en spectacle à l'Olympia. Paris, le 28 mars 2008. — N. CHAUVEAU / SIPA

Et un départ de plus? Selon les révélations de Mediapart, Arthur a transféré au Luxembourg sa société Arthur World Participation Group (AWPG) jusqu’ici domicilié dans le 8e arrondissement de Paris. Cette décision a été prise le 28 décembre 2012 à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire du groupe créé en 2006 après la revente par Jacques Essebag, le vrai nom de l’animateur, de ses parts dans Endemol France.

«Les nouveaux statuts ont été transmis au greffe du tribunal de commerce français le 16 janvier. Le tour de passe-passe est presque invisible: l’entreprise française, fondée fin 2006, a été fermée, et une société du même nom, simplement agrémentée d’un «SARL» final, a été ouverte au Luxembourg, comme l’indique le registre du commerce local. Un transfert discrètement annoncé en France le 11 janvier 2013, dans le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales», précise le site.

Nouvelle succursale en France

Juste après, cette nouvelle entité a ouvert une succursale dans l’Hexagone. «Les dirigeants restent Arthur et Judith Aboulkheir, une de ses proches qui gère ses entreprises», ajoute l’article qui rappel qu’Arthur détient l’essentiel du capital de l’entreprise.

Mais alors, qu’est ce qui a poussé l’animateur et comédien à réaliser ce tour de passe-passe? Par attachée de presse interposée, il tient à souligner qu’il «vit en France et paye ses impôts en France», et qu’il n’y a absolument pas lieu d’évoquer «un exil fiscal» à son sujet. En effet, indique Mediapart, l'impôt sur les sociétés au Luxembourg est proche de 29%, contre 33,3% en France.

«Pas question donc d’être assimilé à Bernard Arnault, qui a transféré une bonne partie de sa fortune en Belgique», note l’article.

Les avantages du Grand-Duché

«Mais le statut de holding luxembourgeoise recèle assez d'avantages pour que le jeu d’écriture entre Paris et Luxembourg soit un grand classique de la gestion d’entreprises, et il ne peut l'ignorer. Ainsi AWPG version luxembourgeoise est restée une holding. Or, ce type de société a droit à une fiscalité favorable dans le Grand-Duché: ses actionnaires bénéficient notamment d'exonérations sur les dividendes perçus (s'ils sont imposés au Luxembourg), ainsi que sur les plus-values de cessions de filiales ou de titres de participation», complète Mediapart.

Mais ce n’est pas tout: «Tout aussi intéressant, une filiale, française par exemple, peut faire “remonter” ses bénéfices vers la société mère luxembourgeoise, sans retenue de la France. Globalement, la gestion de filiales depuis le Luxembourg permet de réduire l'imposition générale d'une société. Les revenus immobiliers de biens situés à l’étranger ne sont pas non plus taxés, ce qui tombe bien: Arthur dirige aussi la société AW Etoile, qui fait dans la location immobilière. D’autres dispositions peuvent également être avantageuses en cas de transmission de l’entreprise. Autant d'outils forcément alléchants pour un entrepreneur avisé tel que Jacques Essebag», conclut Mediapart.