Spanghero: Le Foll rétablit en partie l'agrément sanitaire pour préserver l'emploi

VIANDE DE CHEVAL Trois cents employés étaient au chômage technique...

B. de V. (avec agences)

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L'entrée de l'usine Spanghero, à Castelnaudary (Aude), le 10 février 2013.
L'entrée de l'usine Spanghero, à Castelnaudary (Aude), le 10 février 2013. — R. GABALDA / AFP

L'emploi aura donc été privilégié. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé ce lundi le rétablissement de l'agrément sanitaire de l'usine Spanghero, protégeant ainsi l'activité et les emplois en péril. Le ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot avait déclaré plus tôt que le gouvernement allait se prononcer dans la journée sur l'avenir de l'entreprise Spanghero, au cœur du scandale de la viande chevaline en lieu et place de bœuf dans des plats préparés.

Les ministres de l'Agriculture et de la Consommation doivent par ailleurs recevoir lundi les représentants du personnel et les syndicats concernés, pour «préparer avec eux les conditions de redémarrage de l'entreprise».

Accompagner les salariés de l'entreprise pendant la période de suspension provisoire

Le gouvernement a suspendu jeudi dernier l'agrément vétérinaire pour cette entreprise de Castelnaudary (Aude), une mesure qui a mis au chômage technique quelque 300 employés. Le gouvernement distingue la responsabilité de l'action qui semble relever des dirigeants de Spanghero, du travail de ses salariés. C'est pourquoi les services de l'Etat sont mobilisés pour accompagner les salariés de l'entreprise pendant la période de suspension provisoire.

«Dans la journée de lundi, nous aurons le résultat de l'enquête qui a été menée sur place, dans l'usine à Castelnaudary, par la brigade vétérinaire et qui nous permettra de dire ce qu'il advient de l'activité de l'entreprise, mais je comprends très bien le désarroi des salariés», a déclaré Guillaume Garot sur France Inter.

Laurent Berger entendu

Le secrétaire général de la CFDT avait demandé ce lundi au gouvernement de redonner son agrément sanitaire à l'entreprise Spanghero. «Il y a un problème sanitaire, et je pense que c'est normal que le gouvernement prenne ses responsabilités, mais il y a un problème social, a déclaré lundi Laurent Berger sur Canal +. Aujourd'hui, moi ce que je demande, c'est que les responsables soient pointés, qu'ils soient écartés temporairement mais que l'agrément sanitaire soit redonné à l'entreprise pour sauver les 300 emplois», a-t-il ajouté.

«Quand les patrons magouillent, c'est pas aux employés de trinquer, a-t-il poursuivi. Il faut que le gouvernement leur donne des assurances, il n'est pas normal que ça soient les emplois qui soient menacés.»

Protéger les consommateurs avant tout

Pressé de savoir si la décision serait bel et bien prise ce lundi, le ministre Guillaume Garot s'est voulu ferme: «Ce soir avec Stéphane Le Foll, nous dirons ce qu'il en est de l'activité industrielle et de savoir si elle peut être continuée, prorogée.» Il a expliqué que le gouvernement fonderait sa décision sur les éléments de l'enquête sanitaire. «Nous agirons avec discernement, il y a des faits de justice et nous attendons les faits sanitaires dans la journée.»

Il a rappelé que le rôle du gouvernement était de protéger les consommateurs, mais qu'il n'y avait pas de risque sanitaire «à (sa) connaissance».

La société Spanghero, rachetée en 2009 à la famille Spanghero par la coopérative basque Lur Berri, est accusée d'avoir revendu de la viande chevaline comme viande bovine utilisée ensuite dans plus de 4,5 millions de plats frauduleux vendus dans 13 pays européens. Mais la direction de l'entreprise se défend de toute tromperie délibérée et accuse le gouvernement d'avoir pris une décision précipitée condamnant l'usine à mort, dans une région fortement touchée par le chômage.