ArcelorMittal Florange: Arrêt des tours de chauffe d'un des deux hauts fourneaux

avec AFP

— 

La direction d'ArcelorMittal Florange a arrêté vendredi après-midi les tours de chauffe d'un des deux hauts fourneaux encore maintenus en veille sur le site, le P3, invoquant des raisons de sécurité, a-t-on appris de source syndicale. Selon les syndicats, cette coupure des tours de chauffe («cowpers») signe l'arrêt de mort du haut fourneau P3, en veille depuis son arrêt en juin 2011 et qui ne pourra plus redémarrer après cette coupure. Les cowpers du P6, en veille depuis octobre 2011, continuent pour leur part d'être alimentés en gaz.

Fours à air chaud

L'annonce a été faite par la direction dans la matinée de vendredi lors d'un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire, a-t-on appris de source syndicale. «La direction a décidé d'arrêter la chauffe des cowpers, alors que Mittal s'était engagé à maintenir l'outil en l'état», a dénoncé auprès de l'AFP un délégué CGT, Lionel Buriello. Selon un autre représentant CGT, Jean Mangin, «la direction a argué de problèmes de sécurité, puisque les cowpers se sont dégradés, ce qui est vrai, mais c'est à cause de la direction». Les cowpers sont des fours à air chaud utilisés pour chauffer les hauts fourneaux. Ils sont alimentés par les propres gaz des hauts fourneaux, lorsque ceux-ci sont en fonctionnement. Mais, à Florange, les deux hauts fourneaux P3 et P6 sont à l'arrêt et les cowpers doivent alors être alimentés avec du gaz naturel.

«ArcelorMittal a estimé que le gaz naturel était trop cher, alors ils ont utilisé du gaz de cokerie, qui est trop corrosif, trop agressif, ce qui a détérioré les cowpers», a dénoncé Jean Mangin. «Si ArcelorMittal décide de couper l'alimentation en gaz qui permet le maintien en veille des hauts fourneaux, l'outil sera définitivement mort et on ne pourra plus l'exploiter», avait estimé en décembre le leader CFDT du site, Edouard Martin. Selon le délégué syndical, «Mittal a trouvé là la parade pour échapper à la menace que maintient le gouvernement d'une nationalisation transitoire, de manière à éviter qu'un repreneur s'intéresse au site». Plusieurs sources syndicales ont par ailleurs indiqué à l'AFP que les tours de chauffe du P6 pourraient également être arrêtées courant avril.

Après 14 mois de lutte des salariés de Florange, le groupe ArcelorMittal avait fini par conclure fin novembre un accord avec le gouvernement, toujours contesté par les syndicats. Dans cet accord, le numéro un mondial de l'acier confirmait la fermeture des hauts fourneaux et s'engageait à investir 180 millions d'euros sur 5 ans dans le site de Florange, dont 53 millions d'investissements stratégiques.