Finmeccanica: démission du patron, vers l'annulation d'un contrat en Inde

© 2013 AFP

— 

Le groupe d'aéronautique et de défense Finmeccanica s'est enfoncé un peu plus dans la tempête vendredi avec la démission de son patron, incarcéré pour corruption, et l'annonce par l'Inde d'une procédure d'annulation du contrat d'hélicoptères en cause dans l'affaire.
Le groupe d'aéronautique et de défense Finmeccanica s'est enfoncé un peu plus dans la tempête vendredi avec la démission de son patron, incarcéré pour corruption, et l'annonce par l'Inde d'une procédure d'annulation du contrat d'hélicoptères en cause dans l'affaire. — Leon Neal afp.com

Le groupe d'aéronautique et de défense Finmeccanica s'est enfoncé un peu plus dans la tempête vendredi avec la démission de son patron, incarcéré pour corruption, et l'annonce par l'Inde d'une procédure d'annulation du contrat d'hélicoptères en cause dans l'affaire.

Giuseppe Orsi, arrêté mardi pour corruption internationale dans une affaire de pots-de-vins présumés au gouvernement indien, a renoncé à sa double casquette de président et d'administrateur (il avait été remplacé en urgence mercredi soir au poste d'administrateur délégué par Alessandro Pansa), a annoncé son avocat vendredi.

«Je remets par la présente ma démission des charges d'administrateur et de président de Finmeccanica, tout en revendiquant et en réitérant la cohérence de mon action depuis toujours inspirée par l'intérêt exclusif de Finmeccanica et de ses filiales, et également afin de contribuer à apaiser le climat qui s'est créé» autour du groupe, selon la lettre citée par l'agence Ansa.

Un porte-parole de Finmeccanica a confirmé à l'AFP la démission de M. Orsi.

Selon son avocat, Ennio Amodio, le texte a été présenté au juge en charge de l'enquête qui l'a entendu vendredi matin au tribunal de Busto Arsizio, près de Milan. «Je n'ai jamais eu connaissance de manoeuvres illégales», a-t-il en outre déclaré devant le juge, a rapporté Ansa.

Giuseppe Orsi était visé depuis avril 2012 par une enquête portant sur la livraison en 2010, pour 748 millions de dollars, de 12 hélicoptères au gouvernement indien par une filiale du groupe, AgustaWestland.

La transaction aurait donné lieu en coulisses au versement, via des intermédiaires, de pots-de-vin à des officiels indiens, selon le mandat d'arrêt du tribunal, cité par les médias italiens.

L'Inde de son côté, où l'affaire a contraint le gouvernement à publier jeudi un communiqué en 35 points pour se défendre, a annoncé vendredi qu'elle avait lancé la procédure d'annulation du contrat.

Le ministère de la Défense a «entamé des mesures pour annuler le contrat d'acquisition de 12 hélicoptères AW101 (AgustaWestland)», a-t-il annoncé dans un communiqué. Selon les termes du contrat, la totalité des hélicoptères doit être livrée d'ici 2014 et l'Inde en a déjà reçu trois.

L'Inde a également demandé à l'entreprise italienne de dire «d'ici sept jours» si des termes du contrat et le «pacte d'intégrité» signé en 2010 ont été violés.

Le gouvernement indien avait déjà prévenu mercredi qu'il annulerait le contrat si les accusations de corruption contre le patron de Finmeccanica étaient avérées et a annoncé jeudi qu'il suspendait ses paiements au groupe italien.

Ces annonces ont coïncidé avec une visite à New Delhi du président français François Hollande, qui espère convaincre l'Inde, premier acheteur d'armes au monde, d'acquérir des avions Rafale.

En Italie, le président du conseil Mario Monti s'est vu accuser d'attentisme dans l'affaire Finmeccanica, devenue un poids embarrassant à moins de dix jours des élections législatives auxquelles son mouvement est candidat. L'Etat italien est le principal actionnaire de Finmeccanica avec 30,2% de son capital.

A la Bourse de Milan, le titre du constructeur poursuivait la chute entamée mardi, cédant plus de 3% vers 14H00 GMT.