Viande de cheval: Le bio tire son épingle du jeu

CONSOMMATION Filières courtes, produits bruts et origine France garantie font partie des points forts des distributeurs spécialisés pour limiter les risques de fraudes...

Céline Boff et Claire Planchard

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 Dans supermarché bio à Mont-de-Marsan.
 Dans supermarché bio à Mont-de-Marsan. — LOIC VENANCE / AFP

Acheter bio, est-ce l’assurance de se préserver des scandales alimentaires? C’est en tout cas une sérieuse garantie, assurent les professionnels du secteur.

Des circuits courts pour plus de sécurité

Plus encore qu’un manque de traçabilité des viandes circulant en Europe, ce «chevalgate» a révélé la myriade d’intermédiaires et de traders intervenant dans l’industrie agroalimentaire. Et la multiplication des risques de fraude que cela entraînait.

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Des circuits complexes qui, d’après Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio qui gère entre autres le logo AB, n’existent pas dans le bio: «Nous n’avons pas de traders, notre filière s’est structurée avec les éleveurs français», assure-t-elle. Avant d’ajouter: «La viande bovine bio consommée en France est toujours produite en France. Il y a peu de plats cuisinés dans notre filière. Quelques entreprises incorporent de la viande bio dans leurs plats, mais là aussi, cette viande est française et elle est produite par des éleveurs locaux.»

«Privilégier des filières courtes est primordial pour maîtriser la traçabilité: nous avons développé des partenariats forts avec nos fabricants qui font l’objet d’audits réguliers et nous garantissons l’origine France des produits d’origine animale dans notre offre de plats traiteurs et cuisinés», confirme Sophie Taufour, responsable qualité du réseau de magasins spécialisés bio La Vie Claire.

Une alternative à la grande distribution

L’Agence bio constate-t-elle au niveau national un sursaut des ventes bio depuis le scandale des lasagnes? «Il est trop tôt pour le dire. Dans le passé, des événements malheureux ont pu générer un intérêt croissant pour le bio, ça a été le cas lors de la crise de la vache folle. Mais notre secteur n’est pas sur une logique de coups: il se construit en profondeur et la demande progresse de manière structurelle», insiste Elisabeth Mercier.

«Même si nous nous devons de proposer des offres produits cuisinés qui sont pratiques, nous mettons toujours nettement en avant des produits bruts et nous prônons le fait de cuisiner soi-même, qui reste la meilleure façon de maîtriser ce que l’on consomme», explique aussi la responsable qualité de La Vie Claire. Une offre distincte des réseaux de grande distribution traditionnelle, qui rassure en période de crise de confiance.

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D’après le dernier baromètre agence bio-CSA, 64% des Français ont consommé bio en 2012 et la part des consommateurs réguliers (au moins une fois par mois) s’élève à 43%, alors qu’elle était de 37% en 2003 et de 40% en 2011.