Viande de cheval: Le plan d’attaque du gouvernement

Claire Planchard

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Les ministres Guillaume Garot (agroalimentaire), Stéphane Le Foll (Agriculture) et Benoît Hamon (Consommation), le 14 février 2013 à Bercy.
Les ministres Guillaume Garot (agroalimentaire), Stéphane Le Foll (Agriculture) et Benoît Hamon (Consommation), le 14 février 2013 à Bercy. — Reuters

Eviter une nouvelle «affaire de la viande de cheval» et rassurer durablement le consommateur. C’est le nouveau défi du gouvernement alors que les résultats de l’enquête de la DGCCRF sur les responsabilités ont été transmis jeudi à la justice.

Les intermédiaires dans le collimateur d’Europol

«La France souhaite que cette crise permette de limiter l’espace laissé à certains acteurs pour fraude», expliquait jeudi soir Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, lors d’une conférence de presse. «Il faut remettre de l’ordre dans tout ça mais il faut être sûr que nous avançons groupés au niveau européen pour être efficaces», a ajouté vendredi matin sur France Info  Guillaume Garot, le ministre délégué à l’Agroalimentaire.


« Tout indique qu’il y a des pratiques... par FranceInfo

Le gouvernement a donc saisi les instances de police européennes Europol pour établir les liens entre les différents opérateurs et notamment les traders chypriote et néerlandais impliqués dans le circuit.

Parmi les sujets sur la table: proposer la création d’agréments pour ces courtiers de viande qui aujourd’hui n’en ont pas besoin pour exercer.

Filière sous surveillance

Le gouvernement a également annoncé jeudi une mise sous surveillance de la filière viande/poisson avec des contrôles intensifiés pour l’ensemble de l’année 2013.

Une réunion est programmée dès mardi avec l’ensemble des professionnels de la filière «pour faire progresser en France la traçabilité sans attendre une nouvelle réglementation européenne».


Hamon : "Il se passe quelque chose chez Spanghero" par Europe1fr

Objectif: devancer la Commission en prévoyant l’étiquetage de la provenance des viandes dans les produits transformés. «Nous avons demandé que figurent demain sur l’étiquette non seulement l’origine du lieu de naissance de la viande, mais aussi son  lieu d’élevage et son lieu d’abattage, comme le fait déjà le sigle "VBF" sur les produits frais», a expliqué jeudi Benoît Hamon, le ministre délégué à la consommation.

Durcir le «bouclier» français anti-fraude

Enfin, le ministre planche sur un durcissement des sanctions en cas de fraude: «Notre bouclier est aujourd’hui efficace en matière de sécurité sanitaire et bactériologique même si le risque zéro n’existe pas, mais ce que cette affaire a fait apparaître c’est la tromperie économique et il faut adapter notre bouclier à cette réalité nouvelle», a indiqué jeudi Benoît Hamon.

Le durcissement des peines encourues est ainsi une autre piste à l’étude. «Aujourd’hui la peine encourue est de deux ans de prison, 37.500 euros d’amende pour une personne physique et 185.500 euros pour une société ce qui est en deçà du profit estimé de 550.000 euros dans cette affaire», a souligné le ministre délégué à la Consommation, qui envisage de revoir ce régime de pénalité dans son futur projet de loi de consommation afin de la «rendre plus dissuasive».