Banque: Le compte joint peut vous faire banquer

BANQUE Utile mais risqué, le partage de compte fait des émules chez les couples et les colocataires...

Romain Gouloumès

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Un conseiller bancaire avec un client
Un conseiller bancaire avec un client — MEIGNEUX / SIPA

Pour  joindre  les  deux bouts, il peut être avisé de joindre les comptes. Adopté  par  une  majorité  de  couples,  mariés,  pacsés  ou simplement  concubins,  le compte joint simplifie aussi la vie de nombreux colocataires, qui  peuvent  ainsi  régler  ensemble, en une fois, leur loyer.
Parfait sur le papier, le partage nécessite  tout  de  même  la  pleine confiance des titulaires du  compte.  Dans  le  cas contraire, la situation risque de déraper au premier couac. Et l’addition se payer très cher.

Des déboires à considérer

«C’est le revers de la médaille, explique Boris Vienne, notaire en région toulousaine. Comme les cotitulaires ont les mêmes droits, le danger est évidemment  de  se  faire  vider  son compte.» C’est pourquoi il est plutôt recommandé de cantonner le compte joint aux petites dépenses du quotidien, chacune des  parties  conservant  un compte de son côté. Mais rien n’interdit de poser des limites, précise Boris Vienne : «Les cotitulaires peuvent convenir d’un arrangement  avec  leur  banquier, qui demandera leur accord pour tout retrait au-delà d’un certain montant.»

Dans le cas d’une colocation, la question de la confiance se pose moins, complète-t-il.  «Même  si  on n’est pas à l’abri d’un vol, celui-ci  ne  concernera  qu’une mensualité.» Quand le vent tourne, le premier réflexe à avoir est donc de cesser tout approvisionnement, de fermer le compte ou de s’en désengager. Car si le cotitulaire lésé  arrive trop tard,  il  est  à craindre  que  l’affaire  ne  se règle pas devant un guichet de banque, mais au tribunal.